Frédéric Taddeï : «Je ne sais pas ce que sera l'émission dans 15 jours!»

©2006 20 minutes

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Frédéric Taddeï, animateur.

« Ce soir ou jamais », c'est un titre qui met la pression, non ?

Je vais tenter de réconcilier le grand public avec les émissions culturelles. Mais je n'ai pas de potion magique, et j'ai peur de ne pas être à la hauteur. Pourtant, officiellement en tout cas, je n'ai pas de contrainte d'audience. Pas question de me précipiter le matin sur les scores de la veille. Reste que si c'est une catastrophe, on viendra sans doute me tirer les oreilles ! L'avantage dont je dispose, c'est le temps : j'ai signé pour 160 numéros et je pourrais affiner la formule au fil des jours. Je suis incapable de vous dire ce que sera l'émission dans quinze jours !

Comment dépoussiérer la culture à la télé ?

En s'affranchissant des codes préétablis. On entend trop les commentateurs, les critiques, ceux qui se proclament spécialistes de l'art. Je veux relayer en direct la parole des créateurs, les interroger sur le contenu des films, des livres ou des spectacles. C'est pour ça qu'il n'y aura ni chroniqueurs, ni reportages. L'idée, c'est d'arrêter de faire juste la publicité de tel ou tel. Je ne m'interdis pas d'inviter un réalisateur pour un long-métrage sorti il y a deux ans.

Quelle star accepterait de venir à la télé sans être en promo ?

Mais toutes ! Le cauchemar des artistes, c'est que la télé leur offre une minute intelligente contre cinq minutes de bla-bla people.

Votre image branchouille ne contredit-elle pas celle de France 3, chaîne de « Questions pour un champion » et « Des Chiffres et des lettres » ?

Je m'en fous complètement, l'important c'est d'être soi-même. Ce n'est pas moi qui suis branché, c'était « Paris Dernière », que j'ai animé pendant huit ans. « Ce soir ou jamais » sera éclectique, j'évoquerai aussi bien Emmanuel Leroy-Ladurie que Moby.

La Trois, c'est aussi le terroir. Or, vous faites plutôt intello parisien !

France 3 n'est pas la chaîne des régions 24 h/24. Les gens massés devant le Soir 3 de Marie Drucker viennent de Paris, d'Angoulême, de Marseille. Personne ne m'a demandé de la jouer folklore local, mais ça serait ridicule de ne pas parler d'un festival parce qu'il est à plus de soixante bornes de la capitale.

Recueilli par Raphaëlle Baillot