Le docu de Beyoncé, un «concentré cauchemardesque d'égocentrisme» selon la presse US

TELEVISION La presse américaine n'est pas tendre avec «Life is but a dream», le documentaire événement de la chanteuse diffusé sur HBO samedi soir et accessible intégralement sur le Net...

A.L

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Extrait du documentaire de Beyoncé «Life is but a dream».
Extrait du documentaire de Beyoncé «Life is but a dream». — CAPTURE D'ECRAN/20MINUTES.FR

«Brut. Authentique. Révélateur». Telle était la promesse de la chaîne du câble américaine HBO, qui diffusait samedi soir le documentaire-confession écrit, réalisé et produit par la chanteuse elle-même et censé dévoiler une partie de sa vie privée, au moment où la popularité de la star vient d’atteindre son apogée entre la cérémonie d’investiture d’Obama – et son fameux playback - et le Superbowl.

Parce qu’il s’agit de Beyoncé, très appréciée des médias, parce que HBO est souvent gage de qualité, la presse américaine avait un minimum d’attentes…. Et se dit ce dimanche très déçue d’un film essentiellement constitué des nombreuses vidéos que Beyoncé a tournées elle-même ces dernières années, devant son ordinateur, à la maison, avec ses deux sœurs. Il y a bien quelques flashbacks sur son enfance, d’incroyables passages sur ses performances sur scènes, des confessions sur son histoire d’amour avec Jay-Z et sa joie depuis la naissance de Blue Ivy… mais le film, dans lequel la musique devient «presque une arrière-pensée» reste aux yeux de la presse américaine désespérément creux.

iPhone et hélicoptère  

«La vraie vie de Beyoncé est un concentré cauchemardesque d’égocentrisme» annonce d’emblée The Atlantic Wire, évoquant une scène du documentaire où la voix-off dit regretter l’«idée que se font les gens des célébrités» - «alors que c’est vraiment dur de vivre des choses difficiles quand vous êtes sous les feux des projecteurs» - au moment où la star est en train de checker son iPhone depuis un hélicoptère.

«Le film est censé être une version officielle des coulisses de sa vie. Et c’est bien le cas. Mis à part tous ses discours sur l’importance qu’a pour elle la vie de famille, on découvre finalement que Beyoncé est quelqu’un de profondément nombriliste, et on finit par se demander si le prétendu documentaire n’est pas plutôt un auto-biopic» écrit The Atlantic Wire qui voit dans le récent épisode des photos «féroces» publiées sur Buzzfeed une preuve supplémentaire de son «amour d’elle-même».

«Répétitif et fade», «ennuyeux et vaniteux»

Le New York Times, qui juge l’ensemble «vaporeux, stylisé et opaque», note également que Beyoncé «est presque la seule personne à prononcer plus de trois mots» dans le film. Variety conseille de son côté à «ceux qui ne s’imaginent pas pouvoir jamais se lasser du visage parfait de Beyoncé» de voir «ces ennuyeuses 90 minutes, un projet vaniteux qui mettra votre tolérance envers l’ego obsessionnel du showbiz à l’épreuve».  

Au-delà de son égocentrisme, la vacuité du projet tient pour le Hollywood Reporter à son sujet principal: prouver qu’une star peut aussi avoir des failles et des faiblesses. «Je pleure, comme n’importe qui», explique Beyoncé. «Les riches et célèbres ont-ils vraiment besoin de nous rappeler que les célébrités ne sont pas des créatures invulnérables aux vies parfaites?», s’interroge le site.

«Ni audacieux ni complètement honnête»

«N’attendez pas de profondeur de ce journal vidéo, réalisé à la va-vite, qui explore avant tout la relation de la superstar avec son ordinateur», c’est un film «répétitif et fade» qui «finalement ne révèle pas grand-chose», tranche encore le site. «La star a rassemblé son incroyable force, son charme et sa discipline pour simplement prouver qu’elle est une artiste fragile ébranlée par le destin et l’ultra-célébrité», renchérit le New York Times

Au final, le documentaire est jugé aussi «artificiel» que celui qu’avait proposé Madonna avec Madonna: Truth or Dare en 1991. «Sauf que celui-ci n’est ni audacieux ni complètement honnête», conclut le New York Times.

>> Le documentaire est à voir ici