«L'Arène de France» ensablée dans la provoc

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« Arène de France » ou jeux du cirque ? Dans sa pub, France 2 a beau jeu de mettre en scène Stéphane Bern, présentateur de ce nouveau « talk » du mercredi, sous le slogan « 0 % langue de bois, 100 % débat ». Certains visiteurs du forum de la chaîne, jugent, eux, ce programme lancé le 6 septembre « 100 % café du commerce ». « Discussions de comptoir », peste l'un, « j'appelle au boycott », tonne l'autre.

Des états d'âme que ne partagent manifestement pas les 2,2 millions de téléspectateurs – 29,4 % de part d'audience (PDA) – scotchés par la première, qui abordait l'école sous l'angle de « la fabrique des crétins ». Racoleur mais porteur. La preuve par les « débats » ont suivi : « Faut-il enfermer les psys ? » ou ce soir, « la société est-elle devenue pornographique ? » Une prime à la polémique qui rappelle les grandes heures de « Ciel mon mardi ! » sur TF1. Dechavanne y a arbitré, de 1988 à 1992, des empoignades sur la peine de mort, l'extrême droite, l'exhibitionnisme... Le 16 juin sur TF1, un best of de ces joutes bon marché drainait encore 30 % de PDA. « La référence ne me gêne pas, sourit Yves Azeroual, rédacteur en chef de « L'Arène ». Nos titres un peu provoc attirent le public. Mais nous taxer de populisme est une insulte à l'intelligence de nos invités, dont le ministre Gilles de Robien. »

C'est oublier des hôtes plus bas de gamme, comme le neuropsychiatre Henri Amoroso. Le 13 septembre, il pérorait sur la « dysphorie prémenstruelle » des femmes, qui les empêcherait de gérer les affaires de la nation. « Ce n'est pas n'importe quel macho, rétorque Azeroual, mais un professeur reconnu qui a publié sous l'égide de l'Académie des sciences ! »

Mercredi prochain, le député UMP Christian Vanneste, jugé en janvier pour injures à caractère homophobe, entrera dans « L'Arène » pour un débat titré « Faut-il donner tous les droits aux homos ? » « Son projet de loi appelant à une révision du pacs est dans l'actu », plaide Stéphane Bern. Avant de concéder qu'il était d'abord « assez rétif » à cette invitation.

Raphaëlle Baillot