Pour Sarko et Royal, les voyages forgent l'image

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La polémique enfle autour de la visite de Nicolas Sarkozy aux Etats-Unis à l'occasion du 11 septembre et de sa rencontre avec George Bush, très critiquée par les ténors socialistes et du centre, et jusque dans son propre camp, un ministre l'invitant "à maîtriser son verbe".
La polémique enfle autour de la visite de Nicolas Sarkozy aux Etats-Unis à l'occasion du 11 septembre et de sa rencontre avec George Bush, très critiquée par les ténors socialistes et du centre, et jusque dans son propre camp, un ministre l'invitant "à maîtriser son verbe". — Kimberlee Hewitt AFP/Maison blanche

Vingt secondes pour Nicolas Sarkozy, rien pour Ségolène Royal. Les visites successives, lors de la première quinzaine de septembre, des deux présidentiables en Belgique n'ont guère ému la RTBF, chaîne leader du royaume. « Nous suivons de près les politiques français, précise Philippe Antoine, du service international, mais nous ne relayons pas leur communication hors frontières. » Les deux favoris des sondages français sont pourtant de grands globe- trotters. Après le plat pays, Nicolas Sarkozy s'est envolé la semaine dernière pour les Etats-Unis puis la Grande-Bretagne, quand Ségolène Royal filait en Italie et en Espagne. « Nous croulons sous les sollicitations, note Gilles Savary, son porte- parole. Tant mieux, car nous menons clairement une campagne à visée européenne. » Sa protégée a assorti sa rencontre avec le parti des démocrates italiens d'une interview à la RAI. Et son entretien avec le Premier ministre espagnol de plusieurs interventions sur la TVE. « Il est certain que la señora nous utilise dans sa course à la présidence, s'amuse José Antonio Guardiola, rédacteur en chef de la première chaîne publique ibérique. Et pourtant c'est nous qui lui avons couru après : elle est un phénomène. » Et Carolina Pecharroman, l'intervieweuse espagnole de Royal, d'ajouter : « Jospin, Fabius, Villepin, on connaît. Mais cette dame nous intrigue. Notre intérêt est d'abord sociologique : les Français deviendraient-ils moins machos ? »

Jeudi sur France Inter, Franck Tapiro, l'homme de pub de Nicolas Sarkozy, qualifait de « très habiles » les pérégrinations de la socialiste : première candidate à l'Elysée, elle suscite de fait la curiosité, analysait-il en substance. Son poulain peut lui aussi s'enorgueillir « de nombreuses retombées dans la presse à la suite de son voyage aux Etats-Unis, dixit Franck Louvrier, l'un de ses autres communicants. Les journalistes sont sensibles au fait qu'on s'intéresse à leur pays. » A voir. Le New York Times ne semblait pas dupe et titrait : « Nicolas Sarkozy mène campagne dans les allées de jogging de Central Park et les couloirs de la Maison Blanche ».

Alice Coffin