Christophe Hondelatte retrouve les faits-divers à Bogota

TELEVISION Christophe Hondelatte est dans «Passeport pour le crime» ce mercredi à 20h45 sur 13ème Rue...

Annabelle Laurent
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Christophe Hondelatte sur le terrain colombien. 
Christophe Hondelatte sur le terrain colombien.  — Copyright: D. Fellous/Libre arbitre.

De notre envoyée spéciale à Bogota

L’entrée de la rue la plus dangereuse de Bogota croule sous un amas d’ordures. Un sac plastique collé à la bouche, un jeune sniffe de la colle, le visage ravagé. Toxicomanes, dealers… Ceux que l’on appelle les «zombies» seraient des milliers à vivre dans cette rue coupe-gorge. C’est donc entourée du «GIGN local» que l’équipe de tournage la contourne. «Même avec eux, on a eu peur. Il y a trois semaines, un flic a été tué, raconte le réalisateur Stéphane Jacques. Du coup, impossible d’y entrer… c’est frustrant.»

Un gilet pare-balles

Frustrant, ça l’était certainement moins pour la production, rassurée que les trois semaines de tournage aient été encadrées par Damien Fellous, un photojournaliste français installé dans le pays depuis cinq ans. Son rôle : ouvrir des portes à l’équipe tout en veillant à leur sécurité. «On est restés en bordure du risque. Le fixeur sait exactement jusqu’où on peut aller», raconte Christophe Hondelatte. Tourner la nuit dans Bogota, d’accord, mais en suivant le travail de journalistes de faits divers. Rencontrer un chef des Farc, soit, mais dans la cellule de sa prison. Avant Bogota, Mexico avait d’ailleurs été envisagée, puis écartée. «Trop dangereux», tranche la production, qui a depuis envoyé Patrick Cohen à Manille, aux Philippines… Au terme de son séjour en Colombie, Christophe Hondelatte se sera fait tirer dessus, mais avec un gilet pare-balles conçu par Miguel Caballero, le couturier qui, dit-on, fournit aussi Chavez et Obama. L’animateur se targue d’être sa 603e «victime».

Produit par Capa, le documentaire de 90 minutes dépasse aussi les frontières de Bogota pour s’aventurer dans les montagnes du Cauca, à la rencontre des Indiens Nasa mêlés malgré eux à la guerilla qui déchire le pays depuis 1964, ou pour raconter le scandale des «faux positifs», révélé en 2008, qui accuse des membres de l’armée colombienne d’avoir assassiné des civils innocents en les faisant passer pour des guérilleros morts au combat.