Les télés se plient à la loi des séries

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Les téléspectateurs du feuilleton "Lost - Les disparus", qui obtient parmi les meilleurs résultats d'audience aux Etats-Unis, vont pouvoir participer à une quête mondiale sur l'internet pour résoudre les mystères de l'île aux naufragés, a annoncé mardi la chaîne ABC.
Les téléspectateurs du feuilleton "Lost - Les disparus", qui obtient parmi les meilleurs résultats d'audience aux Etats-Unis, vont pouvoir participer à une quête mondiale sur l'internet pour résoudre les mystères de l'île aux naufragés, a annoncé mardi la chaîne ABC. — Frederik M. Brown AFP/Getty Images/Archives

And the winner is... TF1. Et plus précisément, « Les Experts ». Non contents d'avoir déboulonné le rituel film du dimanche soir, en prime time sur la Une depuis... soixante ans, les limiers de Vegas ont, le 10 septembre, laminé leurs rivaux de « FBI : portés disparus », recrutés par la Deux. 30, 9 % de parts de marché (PDM) pour les enquêteurs de la Une contre 19,3 % aux profileurs du service public.

Inédit, ce duel dominical atteste de l'âge d'or des séries américaines. « Les Experts » ont certes cannibalisé « FBI », mais à elles deux, ces brigades ont captivé 12,5 millions de Français. Un engouement planétaire. Selon une étude menée dans soixante pays par Eurodata TV, 64 % des meilleures audiences de fiction ont été en 2005 glanées par des séries, contre 44 % en 2004. Une aubaine qui fait saliver tout le PAF. Dès le 3 octobre, les flics californiens de « The Closer » s'inviteront chaque mardi à 20 h 50 sur France 3. Une première. « Face à cette explosion, on se met tous sur les rangs, explique Alain Vautier, directeur de l'antenne de la Trois. Et on ne se fait pas prier car ces formats sont du pain bénit : ils fidélisent le public, et leur nouveau standard, 52 minutes, est idéal pour la télé ». Comprendre, pour la pub. « Si France 2 s'est mise très tôt au “52”, c'est pour contourner l'interdiction des coupures pub », balance-t-on à TF1. La Une, qui sait ce que rentabilité veut dire, devrait bientôt dégainer « Docteur House » et son toubib accro aux analgésiques ou encore « Day Break », dont le héros est un flic prompt à canarder tout ce qui bouge, épouse comprise. Quant aux internes de « Grey's Anatomy », ils vont bientôt sévir à 20 h 50. Une exposition tout bénef : les tarifs des trente secondes de pub adossées aux séries phares, oscillent entre 65 000 e et 80 000 e. Or, ces importations coûtent huit fois moins que les créations originales. « On pourrait être tenté de ne plus faire que ça, sourit Christine Bouiller, directrice adjointe à la programmation de M6. Mais il faut savoir doser... » Et ruser. Après le succès des trois premiers épisodes de « Prison Break » (25,8 % de PDM le 31 août), la Six a prolongé cette manne en ne proposant plus que deux épisodes hebdo. « Mais gare à l'illusion d'optique. Il n'y a pas plus de séries américaines sur M6 qu'avant, poursuit Christine Bouiller. La différence, c'est leur extrême qualité : “Ally Mac Beal” était sympa, les “Desperate Housewives” sont géniales. »

Alice Coffin/Agence page 30