Morgan de «Qui veut épouser mon fils?»: «Pour que je me sente humilié il m'en faut beaucoup plus»

INTERVIEW Alors que TF1 s'apprête à diffuser le dernier épisode de la saison 2 ce vendredi soir, «20 Minutes» ne pouvait pas passer à côté du candidat le plus culte, Morgan, le dandy et aristocrate aux costumes trois pièces flashy, mené à la baguette par sa mère excentrique, Pascale. Entretien...

Propos recueillis par Anaëlle Grondin

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Morgan et sa mère Pascale, candidats de la saison 2 de «Qui veut épouser mon fils?».
Morgan et sa mère Pascale, candidats de la saison 2 de «Qui veut épouser mon fils?». — AGENCE / BESTIMAGE

Chaque semaine, l’intro de l’émission le rappelle: vous êtes issu de l’aristocratie hongroise et vous êtes un pianiste classique mondialement connu. On ne peut pas s’empêcher de se demander ce que vous êtes venu faire dans «Qui veut épouser mon fils?»!

(Rires) Ma petite sœur avait envoyé un mail à la production à mon insu! Un jour, mon téléphone sonne, c’était la fille qui s’occupait du casting. Ma mère n’était pas au courant non plus. On a visionné ensemble trois épisodes de la saison 1 et elle a catégoriquement refusé de participer à l’émission. Ma sœur a insisté alors on a quand même passé le casting. En fait les gens étaient agréables. Trois jours plus tard on a fini par dire «ok».  La télé n’est peut-être pas le meilleur endroit pour rencontrer une fille, mais je me suis dit «après tout il n’y a pas de règles» pour cela.

Vous cherchiez donc vraiment l’amour tout au long de l’«aventure»?

C’était du cinquante-cinquante en toute franchise. Ca reste une télé fiction. Tout cela est un peu dirigé.

Quelle est la part de vérité et de mise en scène?

Je m’habille comme ça depuis quinze ans. J’ai un tailleur qui me fait mes costumes trois pièces. Et je suis vraiment pianiste classique. Ma mère est très exigeante.  Elle a toujours été insupportable avec mes copines. Toute cette partie est réelle. En revanche, elle a quand même plus d’humour que ce que montre l’émission et je m’entends très bien avec elle.

Dans l’émission, on  a vu votre mère imposer une chambre de bonne sans chauffage et électricité à l’une de vos prétendantes, faire faire une dictée aux filles, et vous espionner avec des jumelles pendant une balade en bateau sur la Seine depuis une péniche. On a du mal à croire que tout cela n’est pas scénarisé…

«Scénarisé» n’est pas le bon terme. On suggère des situations et TF1 les met en pratique. Ma mère leur avait dit: «Je veux bien savoir ce que fait Morgan pendant son dîner sur la Seine», la prod a répondu: «On peut prendre un bateau». Elle voulait aussi savoir si mes prétendantes étaient bonnes en orthographe au cas où elles doivent m’assister, en écrivant des courriers par exemple. C’est là que TF1 a proposé la dictée. C’est un peu exagéré à l’écran, c’est vrai. Ils ont une façon de tourner les choses: ils augmentent l’exigence de ma mère et diminuent un peu ma personnalité. Peut-être pour que les gens comprennent la césure.

Participer à une téléréalité n’a pas entaché votre carrière de musicien?

J’ai ma propre société de production depuis 2004 et je m’étais ostracisé des réseaux classiques. Je ne joue plus que des petites pièces depuis 2007. J’ai toujours été en marge. Ca ne me gêne absolument pas. Au contraire, je suis ravi.

Comment survit-on avec votre mère pendant 30 ans?

(Rires) C’est une bonne question. Je survis tant bien que mal. Je deviens ce qu’elle voulait que je devienne au final. Je suis de plus en plus exigeant avec moi-même. Maintenant je m’impose un footing chaque soir. Je lis un livre entier tous les soirs. Cela m’ennuie de le reconnaître mais elle a raison. Je suis ravi d’acquérir des connaissances. Au quotidien ça reste une mère mais qui a une formation de prof. Combien de fois elle m’a demandé de faire une petite rédaction sur une exposition que j’étais allé voir avec elle!

Est-ce que vous lisez ce que l’on dit sur vous sur les réseaux sociaux?

Ma sœur est assez branché réseaux sociaux. Pas moi. Mais tous les vendredis soirs, quand on regarde les épisodes, on suit les live tweets. Il y a des trucs complètement orduriers et des trucs qui me font mourir de rire. On a énormément de second degré. Je fais un métier artistique, il y a des hauts, des échecs, on se remet sans cesse en question.  Pour que je me sente humilié il m’en faut beaucoup plus.

Vous qui dites ne rien avoir à faire de la vie des autres, comment expliquez-vous  que 2,7 millions de personnes s’intéressent à la vôtre le vendredi soir?

(Rires) Je commence à comprendre à travers cette émission qu’on est marginaux. On m’a toujours un peu regardé de travers dans la rue, mais là je suis vraiment devenu un extraterrestre. Je pense qu’on intrigue. Les gens rient de nous et avec nous. Un peu d’humour avec la crise, c’est plutôt plaisant.

Les gens vous arrêtent dans la rue?

Oui. Avec ma façon de m’habiller, c’est l’horreur! Je dois tout planifier. Les gens sont adorables mais veulent tout le temps des photos. Là j’étais en rendez-vous dans un palace, j’ai dû faire quatre photos. Je ne pouvais pas imaginer ça. Pour aller à la banque dans mon quartier, je me fous une cagoule.

La finale de  «Qui veut épouser mon fils?» est diffusée ce vendredi à 22h40 sur TF1. Comme les trois autres candidats, Morgan choisira d’offrir une bague à sa prétendante préférée (Karen) ou de repartir avec sa mère Pascale.