Thomas Valentin : «Elargir notre public à tous les moins de 50 ans»

©2006 20 minutes

— 

Interview de Thomas Valentin, directeur des programmes de M6.

M6 va fêter ses 20 ans. Quelle est votre stratégie pour faire grimper l'audience, qui se situe autour de 12 % ?

C'est moins l'audience qui nous intéresse que la puissance, la capacité à fédérer autour de programmes forts, comme la « Nouvelle Star ». M6 est un groupe, et nous avancerons groupés : d'une part, en développant des chaînes câblées très ciblées, comme Téva et Paris Première, d'autre part, en élargissant notre public à tous les moins de 50 ans.

Vous chassez sur les terres familiales de TF1... Que reste-t-il de votre identité ?

Nous avons prouvé lors de la Coupe du monde qu'on pouvait traiter les événements couverts par d'autres, avec un ton différent. Nous appliquerons cette démarche à nos nouveaux docus, à nos fictions et à l'info. Pour le journal « 12.50 » ou le nouveau mag « 66 Minutes », nous privilégions l'image et la concision.

Cette année, la Société des journalistes a dénoncé, après les coupes effectuées dans un reportage de « Capital » sur la Française des Jeux, un « niveau de censure jamais atteint ».

Il y a eu un différend entre la direction de l'info et la rédaction. Toutes les chaînes connaissent ces discussions musclées. Aujourd'hui, les passions sont retombées. Nous abordons la rentrée sans tension.

Mais avez-vous les armes nécessaires pour couvrir l'actu politique, en pleine période électorale ?

Nous préparons des programmes spéciaux, où l'on donnera la parole aux gens, sans intermédiaire. La politique n'est pas seulement l'affaire des représentants de la nation.

Une stratégie par défaut ? Comment convaincrez-vous les poids lourds de la campagne de s'exprimer sur M6 ?

Nous les inviterons dans nos émissions d'actu régulières, notamment sur le plateau de « T'empêches tout le monde de dormir », le nouveau talk-show de Marc-Olivier Fogiel.

Un talk-show, des JT... Cet alignement sur les grandes chaînes est-il dû à l'essoufflement de la téléréalité ?

Il y a un moment qu'on ne fait plus de téléréalité de première génération, comme le « Loft ». Et nous tournons aussi la page des docus-réalité, type « Pensionnat de Chavagne ». Nous passons un nouveau cap.

Recueilli par Christel Brigaudeau