Thomas Hugues : « Sur la Une, j'aurais fini par ronronner »

©2006 20 minutes

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Vous êtes, dès ce soir, à la tête de la nouvelle case info d'iTélé. Quel sera votre rôle ?

Je ne tenais pas à présenter les journaux de l'émission. Sur ce front, j'ai déjà donné. J'animerai, entouré de chroniqueurs, les débats et interviews. Ce que j'avais peu l'occasion de faire sur TF1.

Vous êtes-vous relooké pour coller au style de la chaîne ?

Non. Et j'ose espérer que Valérie Lecasble, la DG, ne m'a pas embauché pour mon changement de coupe ! Je suis allé chez le coiffeur après mon dernier « Sept à huit ». Des copines m'ont dit que, lorsqu'elles quittaient un mec, elles se refaisaient une tête. C'est pareil !

Adopterez-vous un ton moins lisse ?

Je serai plus détendu parce que j'aurai moins le nez sur les audiences. Sur la Une, j'aurais fini par ronronner, par chausser des charentaises. Là, je passe aux santiags ! Car la griffe d'iTélé, c'est la pugnacité. Et c'est vrai que je n'avais plus beaucoup d'espace de liberté dans « Sept à huit ». Suite à la diffusion d'un reportage sur un dérapage policier, lors des émeutes de novembre, nous avons subi une mise sous tutelle éditoriale.

L'arrivée d'Harry Roselmack vous a privé du « 20 heures ». Avez-vous été une victime de la discrimination positive ?

Factuellement, oui. Même si mon départ n'est pas lié à cela, mais aux fausses promesses qu'on m'a faites. J'étais très intéressé par ma promotion à la direction des magazines et des opérations spéciales. Hélas, c'était un titre ronflant, sans contenu.

Votre salaire a-t-il chuté ?

Je m'y retrouve car je présenterai chaque mois, sur 13e rue, « Le 13e soir », une case doc et fiction produite par Story Box Press, la boîte de prod que nous avons fondée avec Laurence Ferrari [son épouse]. Nous préparons aussi une dizaine de documentaires pour Canal+. Et des collaborations se profilent avec M6 ou « Envoyé spécial ».

Quel bilan tirez-vous de ce mercato journalistique sans précédent ?

Les présentateurs ne sont pas exempts du marché du travail. Rien n'interdit de changer d'employeur. Mais c'est terminé : nous nous concentrons tous pour la présidentielle. Cette saison va être la plus passionnante depuis une quinzaine d'années.

Propos recueillis par Alice Coffin