Les folles époques de « Mad men »

Anne Kerloc'h

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Dans la saison 5, certains publicitaires rejoignent la secte Hare Krishna.
Dans la saison 5, certains publicitaires rejoignent la secte Hare Krishna. — J. ALTHAUS/AMC

Au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, nous sommes en 1966. Dans la saison 5 de « Mad Men », la série de la chaîne AMC ce jeudi sur Canal+, les publicitaires aux idées encravatées laissent les années 1960 les bousculer. Manif pour les droits civiques, embauche d'une secrétaire noire à l'agence…

La série à remonter le temps
« La dimension temporelle, avec les flash-back, est inhérente à “Mad Men”, souligne Olivier Joyard, journaliste spécialiste des séries. On se souvient ainsi de Don Draper présentant le “Carrousel” Kodak qui fait défiler les diapositives comme on remonterait le temps dans la saison 1. »
Reste que dans cette saison comme jamais, les références historiques abondent, avec des créatifs à la recherche d'un son « à la Rolling Stones » pour une pub Heinz, des créatifs en plein trip de LSD ou rejoignant les Hare Krishna. « On dirait que la dimension historique passionne de plus en plus Matthew Wiener, le créateur. La série se renouvelle en même temps que l'époque, c'est très fort. »
Au centre du balancement entre deux époques, Don Draper. Alors que son ex-femme, la sublime Betty Draper est cruellement « mémérisée » dans le scénario comme un vestige du passé, sa seconde épouse en minijupe est un décalque parfait des égéries des « swingin'sixties ». « Une grande partie de la fascination qu'elle lui procure est qu'elle lui permet de rester au top de l'époque, ce qu'il sait être indispensable pour continuer son métier. Mais la subtilité est qu'il va évoluer sans changer… » Prêt pour une saison 6, donc !