«Homeland»: Tout savoir sur la série la plus attendue de l'année

VIDEOS Canal+ diffuse à partir de ce jeudi soir, à 20h50, les 13 épisodes de la première saison de «Homeland». Son créateur raconte la série...

Propos recueillis par Alice Coffin
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Le héros de la série «Homeland», Nicholas Brody (Damian Lewis)
Le héros de la série «Homeland», Nicholas Brody (Damian Lewis) — Kent Smith/AP/SIPA

Parce qu’elle est signée Howard Gordon, créateur de «24 heures chrono», parce qu’elle parle du 11-Septembre ou plutôt des traumatismes que l’événement a provoqués, parce que sa diffusion sur Showtime a été un événement en 2011 aux Etats-Unis, «Homeland» est la série la plus attendue en France cette année. L’histoire? «Là où la nation voit un héros, elle voit un traître», lit-on sur les affiches de la grosse campagne de publicité de Canal+. Le héros, c’est Nicholas Brody (Damian Lewis). Soldat du corps des marines que sa femme et ses deux enfants croyaient mort, il revient au pays après huit années de captivité. En héros, donc. Sauf que «elle», Carrie Mathison (Claire Danes), agent de la CIA, pense et fera pour tout démontrer qu’il est passé pendant sa captivité du côté d’Al-Qaida et agit en taupe sur le territoire américain.

De passage au dernier festival de télévision de Monte Carlo, Howard Gordon, co-créateur de la série, a livré quelques précisions sur «Homeland».

Prisonnier de retour de captivité

«Homeland» est le remake d’une série israëlienne intitulée «Hatufim». «Ce qui nous a intéressés, explique Howard Gordon, c’est l’idée des personnages de soldats libérés de captivité. Dans la version israélienne, ils sont deux. Alors que nous avons quand même été engagés récemment dans deux guerres, aucune série américaine ne propose ce personnage. Cela manquait, il y avait un grand vide et une nécessité de raconter cette expérience.» Mais les scénaristes ont choisi de traiter cette histoire différemment. «En Israël, le show se concentre sur le vécu familial et psychologique des ex-prisonniers dans leurs familles. Cela touche beaucoup le public israélien, qui a lui-même vécu cela avec certains des siens. Pas sûr que cela ait fonctionné avec le public américain.» Du coup, la version US se concentre, elle, sur l’idée que le prisonnier de retour est, ou pas, devenu un ennemi de l’intérieur, et sur le personnage de Carrie.

Le personnage joué par Claire Danes: une «freak hyper-sexuelle»

Une femme, une bipolaire, une gestuelle ultra-libre, le personnage de Carrie Mathison cumule. «She’s a freak» s’exclame Howard Gordon. Comprendre c’est une no limit, une hors normes, qui fait un peu peur. «C’est parce que la série est diffusée sur Showtime et pas sur les grands networks qu’on se peut permettre un personnage comme ça. Elle est hyper-sexuelle, elle n’est pas aimable, elle n’est pas considérée par son entourage. Mais on savait que le public accrocherait quand même tant que c’était une pro. Si elle avait été mauvaise à son job, cela aurait cassé l’audience. Là, malgré sa pathologie, ça suit.» De fait, la série a bien fonctionné et une deuxième saison est en tournage.

«Les Américains n’ont pas de mémoire»

«Homeland» parle des Etats-Unis, du pouvoir de certaines représentations, du pouvoir tout court, «et du terrorisme et de son impact ou plutôt de son non-impact, note Gordon. Tout le problème c’est: est-ce qu’on a encore aux Etats-Unis quelque chose à craindre aujourd’hui? Claire, elle, a peur de quelque chose. Mais c’est la seule. Le sentiment de peur est très éphémère. Les Américains n’ont pas de mémoire.» Et pourtant ils ont «adoré la série, alors qu’on craignait qu’ils ne veuillent plus entendre parler du terrorisme».

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Extrait du 1er épisode:

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