Dopage ou pas, le Tour mobilise les foules

©2006 20 minutes

— 

 
  — no credit

L'exclusion des principaux favoris du Tour de France juste avant le début de l'épreuve n' a pas écorné le caractère légendaire de la compétition. Dopage ou pas, samedi, plusieurs milliers de spectateurs se sont massés sur le bord de la chaussée pour assister au prologue. Ça et là, les fans, notamment certains Allemands, vexés que leur favori Jan Ulrich soit mis en cause, ont déployé des banderoles appelant à un sport propre. « On est déçu car il était un grand champion et un modèle. Mais avec ou sans lui, le Tour continue », lâche Uwe, 36 ans, venu d'Achern avec ses deux garçons.

Dimanche matin, pour le départ de la première étape, il y avait du monde, mais ce n'était pas non plus la bousculade devant la cathédrale. La faute au scandale ? « J'ai failli ne pas me lever, on a fêté les Bleus toute la nuit », répond Edwige, 23 ans. Poids culturel oblige, la tricherie dans le cyclisme n'émeut guère : « Le Tour nous renvoit à nos souvenirs de jeunesse passée derrière le transistor ou devant la télé. Il y a un côté magique », explique Ludwig, 52 ans.

Dans les villages traversés par la Grande Boucle, c'est même jour de fête. « On est là depuis deux jours, pour être sûr de pouvoir garer le camping-car à l'ombre », rigolent Bernard et Denis, venus des Vosges. S'ils ne doutent pas du fait que des produits circulent dans le peloton, ils s'accrochent à leur amour du vélo, certains que « tout le monde ne se dope pas et [que] le Tour est éternel ».

L'enracinement populaire de l'épreuve sportive est aussi évoqué dans la caravane publicitaire. « Cela reste un moment particulièrement suivi, souligne le capitaine Lichet, responsable des véhicules venus promouvoir les métiers de la gendarmerie. C'est un grand spectacle sur lequel il faut être présent. Mais heureusement quand même que l'organisation a fait le ménage. »

Jonathan Barbier