Coop Alsace a fait un grand pas vers le géant Leclerc

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Samedi, le conseil d'administration de la Coop a autorisé Christian Duvillet, son PDG, à signer un accord avec Leclerc, au plus tard le 30 juin. Ce partenariat va permettre au géant national de la distribution d'acquérir 34 % du capital de la filiale de la Coop chargée de la gestion de ses hyper et supermarchés. Pour les syndicats, qui n'ont pas été consultés, cette décision « signifie la fin du dialogue social au sein du groupe, même s'il n'y en a jamais eu avec la direction. Nous estimons avoir été floués par elle, lâche Laurent Hobel de FO. Dès ce lundi, nous allons nous concerter avec les salariés pour savoir quelles actions nous allons engager. » Une grève avant le 30 juin pourrait être envisagée, afin de « bloquer la direction sur son projet de démantèlement des Coop », poursuit le délégué de Force ouvrière.
Le feu vert donné par le conseil d'administration n'est pas non plus du goût de l'Association régionale de soutien aux Coop d'Alsace. Celle-ci « conteste fortement cet oukase » (une décision arbitraire) et estime que « le PDG a maintenant tous les pouvoirs pour se rendre complice du hold-up du siècle que vont commettre Leclerc et Casino en Alsace. » Dans un communiqué, l'association se demande également « à qui profitent les véritables intérêts de cet accord » hormis « au profit de deux groupes privés adeptes d'un capitalisme sauvage allant à l'encontre de l'esprit humaniste et coopératif de tous les Alsaciens. » Même son de cloche du côté des syndicats : « Contrairement aux conseillers d'administration, qui veulent sauver du capital, notre but est de sauver des emplois », pointe Laurent Hobel.
Le groupe Coop Alsace, qui emploie plus de 3 000 salariés, cherche à se restructurer pour éponger un passif de 120 millions d'euros.L.D.