Les antis-tour se mobilisent aussi

©2006 20 minutes

— 

Le départ du Tour, organisé samedi à Strasbourg, ne fait pas que des heureux.

Hier soir, place Kléber, le collectif de réappropriation de l'espace public (Crep), qui milite pour « rendre la ville plus conviviale pour ses habitants », organisait un débat sur les différences entre le sport de loisirs et le sport de compétition. Après sa vélorution de samedi, le Crep, entend dénoncer « le fossé qui existe entre la pratique quotidienne urbaine du vélo et les valeurs de l'actuel tour de France ». Car outre les nombreuses retombées économiques attendues, la ville affirme compter sur le passage de la grande boucle pour promouvoir l'usage de la petite reine. « L'événement pourrait bien booster le cyclisme en Alsace et créer un sentiment d'identification autour du vélo », estime Jacques Quantin, directeur du service sport et jeunesse à la CUS. Une analyse dénoncée par le CREP, pour qui le Tour est à l'image de la société: «une épreuve où les enjeux économiques sont devenus énormes, entraînant triche ou dopage», explique Gaëtan Doremus. Pour ce membre du collectif, les sommes investies s'apparentent à un «gaspillage publicitaire », au détriment de travaux d'équipement qui auraient pu avoir un impact concret pour les cyclistes. « On réclame simplement plus d'arceaux et de pistes cyclables, pour que la ville rende vraiment le vélo accessible aux Strasbourgeois», souligne Gaëtan Doremus.

Jonathan Barbier

Pour protester contre le «gaspillage» du tour, les membres du Crep ont prévu mercredi matin d'encourager, sur le bord de la route, les Strasbourgeois à vélo empruntant les pistes cyclables de la place de Lattre de Tassigny.