Quand le monde rural va à la rencontre des citadins

Arnaud Guiguitant

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Derrière les clapiers, des yeux d'enfants. « Certains n'ont vu des lapins que dans les livres ou à la télé. Alors, les voir en vrai et les toucher, ça leur fait bizarre », sourit Jeannine Jehl, présidente de l'Union des aviculteurs du Bas-Rhin. Poules, coqs, pigeons, poussins, la basse-cour est de sortie place Kléber jusqu'à dimanche. Ouverte jeudi, la deuxième édition de la Ferme en ville fait la part belle au monde rural et à la proximité ville-campagne. « Les citadins n'ont plus l'habitude de voir ces animaux de ferme. Pourtant on en trouvait à Strasbourg il n'y a pas si longtemps. Il faut préserver les races, sauver cette diversité pour que nos petits-enfants puissent les découvrir », défend Jeannine.
Au milieu des plantations de fenouil, de betterave, de chou ou de céleri, les dizaines d'éleveurs et producteurs alsaciens prônent une agriculture locale. « On va au contact des citadins pour leur montrer la qualité de nos produits, comment on travaille et ce que représente l'agriculture alsacienne », explique Philippe Boehmler, secrétaire général des Jeunes agriculteurs du Bas-Rhin.

La cote du bio
Provenance des aliments, traçabilité, qualité, l'exigence des consommateurs se ressent désormais dans les filières. « Enfin, le citoyen redécouvre le bien manger. Dans les grandes surfaces ou les fast-foods, il y a une sorte de banalisation de l'alimentation, qui va à l'encontre de la diversité », poursuit-il. Guère étonnant alors que le stand, dédié à l'agriculture biologique, ne désemplisse pas. Fruits, légumes, céréales, vins, le bio est partout en Alsace. « Le consommateur veut savoir ce qu'il mange dans son assiette. On va à sa rencontre pour leur montrer les variétés de bio », précise William Mairesse, chef de projet à l'Organisation professionnelle de l'agriculture biologique en Alsace (OPABA).