Entzheim simule la grippe aviaire

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Samedi matin, un vent de panique se lève sur l'aéroport d'Entzheim. La tour de contrôle vient d'être avertie de l'atterrissage imminent d'un avion transportant une personne porteuse de symptômes de la grippe aviaire. Une menace sanitaire prise très au sérieux, malgré le caractère fictif de ce scénario catastrophe, qui n'était en réalité qu'un exercice grandeur nature. Mobilisant une soixantaine de représentants des services de l'aéroport et de la sécurité civile, ainsi que trente-deux figurants bénévoles, cette simulation visait à s'assurer de la capacité opérationnelle des services médicaux de la région.

« Il s'agit d'évaluer la qualité de l'intervention du service de sauvetage et de lutte contre les incendies des aéronefs, et la bonne prise en charge du malade par le Samu », explique Alain Gérard, directeur de cabinet du préfet. Un protocole complexe qui, à l'heure d'un bilan à chaud, montre ses premières limites. Outre la nécessité de réduire les délais d'intervention du Samu, se pose la question de la gestion des passagers. « Faut-il les faire sortir de l'avion en premier ou commencer par la victime ? », s'interroge Jean-Louis Hoerlé, président de la chambre de commerce et d'industrie de Strasbourg, gestionnaire de l'aéroport. Une hésitation qui ne l'empêche pas d'ironiser : « Si l'on considère que la réussite d'un tel exercice dépend de la constatation de problèmes, alors celui-ci est réussi. »

Philippe Wendling

Sept observateurs issus notamment du Samu, de la police aux frontières, des douanes ou de la CUS, rendront leurs conclusions sur cet exercice dans les trois semaines qui viennent.