La soirée de beuverie avait fini en drame

Philippe Wendling

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La cour d'assises rendra son verdict mercredi dans l'affaire de la mort de Denis Rosner.
La cour d'assises rendra son verdict mercredi dans l'affaire de la mort de Denis Rosner. — J.-F. BADIAS / 20 Minutes

Le 10 avril 2009, vers 4 h 40, Jacques Rauscher avait fait basculer par-dessus le pont Saint-Guillaume, Denis Rosner, un quadragénaire rencontré un peu plus tôt par hasard. Poursuivi, depuis lundi, devant les assises du Bas-Rhin pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans l'intention de la donner, l'homme de 31 ans clame qu'il ne voulait « pas en arriver là. Je ne voulais pas lui faire de mal. » Depuis le drame, pour lequel il avait d'abord fait un faux témoignage, il a « beaucoup changé », assure-t-il. Ses dreadlocks, il les a rasés le lendemain comme pour couper avec sa vie d'avant. Fini le cannabis. « Je ne bois plus non plus », hormis une bière de temps en temps avec des collègues, raconte ce charpentier. Il ne le nie pas, sa jeunesse a été marquée par une consommation d'alcool régulière jusqu'à la mort de Denis.

Baisers volés ou faux alibi ?
Ce soir-là, ivre, Jacques s'assoit sur la terrasse d'un café fermé quai des Pêcheurs pour boire de l'alcool acheté dans la journée. Il attend Pauline, une amie occupée à prendre un verre dans un bar-péniche voisin. L'accusé est bientôt accosté par un inconnu très éméché, Denis Rosner, un marginal de 47 ans. Ils discutent littérature, plaisantent, jusqu'à l'arrivée de Pauline. C'est alors qu'ils repartaient que, par deux fois, la victime aurait essayé d'embrasser la jeune femme. Pour le faire cesser, lui donner une leçon, Jacques aurait alors proposé à Pauline de le jeter dans l'Ill, ce qu'elle a accepté, avant de s'exécuter en le saisissant par les mollets. Il comptait, dit-il, le récupérer sur une berge, mais ne l'aurait pas revu dans l'eau. Pour Francis Metzger, l'un des avocats de la famille Rosner, « les tentatives de baisers volés ne sont qu'un alibi construit à l'époque par l'amie de l'accusé dans le but de le défendre. Rauscher a eu un comportement de violence. Il a voulu jouer le cacou devant une nana et n'a eu aucune empathie pour la victime, un vieux. » Il encourt 15 ans de prison. Verdict mercredi. Son amie Pauline a été blanchie par la justice en 2009.