Les appellations facilitent le choix du consommateur

à Paris, Ozal Emier

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L'étiquette compte beaucoup.
L'étiquette compte beaucoup. — J.-F. Badias / 20 Minutes

Le vignoble local a opéré une nouvelle mue, du moins dans sa hiérarchisation. Depuis octobre, de nouvelles réglementations s'appliquent aux vins d'Alsace : « L'idée centrale était de ne pas troubler le consommateur, de lui proposer une offre plus claire », a expliqué, lundi lors d'un point presse à Paris, Gérard Boesch, président de l'Association des viticulteurs d'Alsace (AVA). L'enjeu est de taille, même si les vins alsaciens représentent déjà 30 % du marché français des vins blancs AOC consommés à domicile.

Valoriser les spécificités
Cette nouvelle offre passe par une révision des AOC alsaciennes et de leurs cahiers des charges  : l'AOC Alsace (75 % de la production du vignoble) peut désormais être suivie d'une dénomination communale ou locale. Une précision qui n'est pas anodine, elle permet aux viticulteurs de mettre en avant leurs spécificités de production (encépagement, maturité des raisins, etc.). Le consommateur pourra ainsi mieux s'y retrouver. « La question des lieux-dits était importante : les gens les connaissent, l'étiquette c'est une promesse pour eux » pointe Gérard Boesch. Pour les 51 Grands crus, ils ont été déposés, gagnant l'étiquette d'Appellation d'origine protégée, de quoi appâter un peu plus le chaland. Et du côté des bulles, le Crémant d'Alsace adopte les mêmes règles que pour les autres régions qui en produisent : une mise en bouteille le 1er décembre et une période de vieillissement de 12 mois. « Cela va nous permettre de vendre pendant les fêtes de fin d'année et d'améliorer encore la qualité du Crémant d'Alsace », se réjouit Gérard Boesch. Un souci de qualité qui explique l'évolution constante de la réglementation du vignoble depuis l'obtention de son Appellation d'Origine en 1945 et de son AOC en 1962. Mais l'AVA souhaiterait aller plus loin en intégrant la dénomination géographique – commune ou lieu-dit – au sein de l'AOC. L'autre défi pourrait être celui d'un grand cru alsacien en rouge. Affaire à suivre.