Sainte-Odile: peines «symboliques» requises

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Un procès « humainement nécessaire, techniquement utile, et juridiquement fondé ». Hier, après huit semaines d'audience consacrées aux causes du crash de l'A 320 sur le Mont Sainte-Odile, le 20 janvier 1992, le parquet a requis des peines de prison avec sursis contre quatre des six prévenus. Des peines qualifiées de « symboliques » par le ministère public, soucieux de « lire le droit », au détriment de sanctions plus lourdes attendues par certaines familles.

Pour avoir ordonné un virage « trop serré », qui a eu pour effet d'alourdir la tâche d'un équipage «novice», Claude Palpacuer, le procureur, a requis neuf mois avec sursis contre le contrôleur aérien Eric Lammari. Le procureur a également mis en cause, « l'architecte » de l'A 320, Bernard Ziegler. Il reproche à cet ancien directeur des essais en vol d'Airbus « une probabilité de confusion élevée » dans la conception du tableau de bord, qui a amené l'équipage à engager une descente quatre fois supérieure à la normale. Un an avec sursis a été requis à son encontre.

« Mieux vaut un GPWS imparfait que pas de GPWS du tout », avait tranché un juge d'instruction. Pour cette absence d'avertisseur de proximité du sol, le second procureur Laurent Guy a nuancé ses réquisitions en fonction de l'implication opérationnelle des mis en cause au moment du crash. Il réclame un an avec sursis contre l'ancien directeur général d'Air Inter, Daniel Cauvin, et Claude Frantzen, ancien chef du contrôle technique de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC). En revanche, le ministère public s'en est remis « à la sagesse du tribunal » pour Pierre-Henri Gourgeon, ancien directeur général de la DGAC. Avis semblable à l'égard de Jacques Rantet, chargé de la constitution de cet équipage, qui était inexpérimenté sur un A 320.

Jeanne Mahé

Le procès doit s'achever à Colmar mardi prochain. Dix avocats prendront la parole pour la défense à partir de demain. La décision devrait être rendue en automne.