Les anti-GCO optimistes après la présidentielle

Sébastien Ruffet

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Et si, après dix ans de combat, le projet de Grand contournement ouest (GCO), retournait au fond des cartons ? Le collectif « GCO Non Merci » y croit en tout cas, après l'arrivée de la gauche au pouvoir. Et ce, même si le dossier est local.
Luc Huber a donc le sourire. Représentant des associations au sein du collectif, il attend avec impatience la composition du nouveau gouvernement. « Les élus PS d'ici, Roland Ries et Jacques Bigot, ont toujours dit clairement qu'ils étaient contre ce projet. Alors on voit mal un ministre socialiste arriver et signer ce contrat de concession ! »

« Vinci peut négocier »
Le hic, c'est qu'un accord avait été trouvé avec Vinci. Le concessionnaire serait donc en droit de demander des indemnités si un trait définitif était tiré sur le tracé qui devait relier Obeschaeffolsheim à Wolfisheim à travers 350 hectares de terres agricoles. En droit, mais dans les faits, on imagine mal le groupe se fâcher avec le nouveau gouvernement.
« Tout est question de coût, note Luc Huber. Il faut que les risques d'amende pour non-respect de la directive Habitat du grand hamster soient supérieurs à l'indemnité à verser. Mais Vinci peut aussi négocier un retrait à l'amiable. »
Avec en ligne de mire d'autres projets. Car pour désengorger le trafic, question centrale du dossier, il faut séparer les flux, et donc aménager les trajets dits transversaux. « C'est-à-dire ceux qui montent sur l'autoroute pour aller d'un quartier à l'autre de Strasbourg. Au final, la moitié seulement des automobilistes traversent Strasbourg sans s'arrêter. »
Autres pistes : développer le covoiturage ou les parkings relais, des solutions qui devraient selon toute logique trouver un écho favorable auprès des futurs ministres des Transports et de l'Ecologie. « C'est maintenant qu'il ne faut pas se tromper de gouvernance », assène enfin, déterminé, le représentant de « GCO Non Merci ».

MANIFESTATION pRévue samedi matin à Ittenheim

Même si l'horizon s'éclaircit dans ce dossier, pas question de relâcher la pression. Le collectif « GCO Non Merci » appelle à se rassembler samedi à 9 h 30 au niveau du futur échangeur d'Ittenheim, « générateur d'un bouchon supplémentaire », selon Luc Huber. Une marche d'une heure sera ensuite proposée vers Stutzheim, plus ou moins sur le tracé du GCO, afin de montrer les dégâts qu'occasionnerait l'autoroute sur l'environnement.