Hollande « toujours » attendu à Fessenheim

Philippe Wendling

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Sarkozy veut maintenir le site en activité, Hollande le fermer.
Sarkozy veut maintenir le site en activité, Hollande le fermer. — G. Varela / 20 Minutes

Alors que le Président sera désigné dimanche, la doyenne du parc nucléaire reste au cœur des discussions. Lors du débat télévisé de mercredi, Nicolas Sarkozy (UMP) a estimé, sur la base d'un avis de l'Autorité de sûreté nucléaire, que « Fessenheim ne pose aucun problème et peut continuer ». Non, a rétorqué François Hollande, réaffirmant, que s'il gagne l'Elysée, « une seule centrale fermera : Fessenheim. C'est la plus veille de France et elle se trouve sur une zone sismique ». Selon le candidat PS, malgré son démantèlement, qui pourrait se faire en 2017, « tous les emplois seront conservés ». « C'est un effet d'annonce, a réagi, jeudi, Jean-Luc Cardoso, délégué CGT de Fessenheim. Hollande ne prend aucun risque en disant que les emplois seront conservés, car cela ne dépend pas du Président mais d'EDF, dont le règlement stipule l'obligation de reclasser les salariés en cas de fermeture. Sarkozy, lui, s'affiche en ardent défenseur du nucléaire, mais il y a aussi matière à douter. En 2007, il disait qu'il n'ouvrirait pas le capital d'EDF, et pourtant il l'a fait. »

Un groupe de travail au PS
Concernant François Hollande, Jean-Luc Cardoso pointe également que lors d'un entretien avec l'intersyndicale du site, le 19 mars à Paris, « il a fait deux promesses qu'il n'a pas tenues. Il s'était engagé à rencontrer les salariés entre les deux tours, à la centrale ou à proximité. On l'attend toujours. Il avait aussi promis la mise en place d'un groupe de travail sur Fessenheim, comprenant des représentants du PS, des élus locaux et l'intersyndicale. On a appris, mercredi, qu'une réunion a eu lieu à Paris le 23 avril, mais sans nous. » Et sans élus alsaciens, indique Gilles Fischer, le secrétaire de la section PS d'Ensisheim. Selon lui, leur présence au côté des conseillers de François Hollande ne se justifiait pas, car la réunion n'avait comme objet que « la rédaction d'un courrier ». Quant à la visite du candidat à Fessenheim, « elle n'a pu se faire qu'en raison d'un agenda très serré ».
Au premier tour, Hollande a obtenu 12,43 % des voix à Fessenheim, Sarkozy 33,55 %.