Une campagne pour respirer la santé

Arnaud Guiguitant

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Parmi les stands, celui pour apprendre à se brosser les dents a remporté un grand succès.
Parmi les stands, celui pour apprendre à se brosser les dents a remporté un grand succès. — J-F. Badias / 20 Minutes

Sous le soleil du square de la maison Reuss, au Neuhof, on a parlé jeudi brossage des dents, équilibre alimentaire, ainsi que dépistage du cancer et du diabète. Curieux ? Pour sa première édition, qui se termine ce vendredi, le Printemps de la santé vise à sensibiliser les habitants du quartier sur l'importance de la prévention médicale. « L'idée était d'apporter une réponse de proximité aux questions de santé, rapporte Mathieu Hild, coordinateur des ateliers ville-santé. On sait que l'accès aux soins est compliqué dans les quartiers populaires. On propose donc des actions concrètes pour inciter les gens à s'occuper de leur santé. » Exemple sur le stand de Martine Kern, assistante dentaire au centre de santé dentaire de la ville. La distribution de brosses à dents et de dentifrices participe à cette prévention, dont « les habitants des quartiers difficiles ont besoin, dit-elle. Sur les 450 élèves de l'école Reuss, la moitié a des problèmes de caries, en raison d'une mauvaise hygiène bucco-dentaire. »

Du soda dans le biberon
Selon elle, tout passe par l'éducation à la maison. « On a parfois vu des parents remplir de soda les biberons de leurs nourrissons. Il y a toute une discipline à revoir. On doit donc poursuivre la prévention, mais c'est un travail de longue haleine », ajoute-t-elle. Devant le stand, Moustapha, 9 ans, le confesse sans rougir : il abuse peut-être trop des boissons sucrées, mais il essaie de se laver les dents « une fois par jour. C'est à l'école qu'on nous la dit. Mais j'ai quand même eu des caries », explique-t-il, repartant avec une bouteille d'eau sous le bras et des conseils de brossage. Le message semble être passé. Une seconde édition pourrait être organisée dans d'autres quartiers, à la Meinau, à Hautepierre ou au Port-du-Rhin où « l'on a de plus en plus de mal à se soigner en raison de problèmes socio-économiques », précise le docteur Alexandre Feltz, conseiller municipal délégué à la santé. « Avec ces actions, c'est la médecine qui, pour une fois, va à la rencontre de la population. »