Dix Coop vont baisser rideau d’ici à un mois

COMMERCES A cause de mauvais résultats, trois boutiques strasbourgeoises sont visées...

Philippe Wendling

— 

«Les employés sont ma deuxième famille. Ils savent que je suis malvoyante et m’aident pour les courses», raconte Fabienne, une riveraine du secteur Bourse. Depuis douze ans, elle est fidèle à la Coop de la rue Jacques-Peirotes, dans la Krutenau. Problème : «Ils vont la fermer», peste-t-elle. «Où iront les personnes âgées du quartier ? poursuit Georgette, une autre cliente. Ici on trouve de tout, mais surtout un service de proximité.» Devant le magasin, affairée à porter les packs d’eau d’une petite dame, Yolande, la gérante, précise travailler «ici depuis 1989. La direction m’a prévenu que nous fermons, mais pas dit quand», confie-t-elle, la larme à l’œil.

« Situation intenable »

A Strasbourg, les Coop du boulevard de Lyon et de la rue de Picardie à la Meinau vont aussi baisser le rideau. Dans la région, sept autres connaîtront le même sort, dont celles d’Hoenheim et d’Oberhausbergen. La décision doit être entérinée ce jeudi par le comité d’entreprise du distributeur. Selon un porte-parole, «les fermetures se feront dans le mois». Certaines, peut-être, dès la semaine prochaine. En cause, des résultats faibles. Ces supérettes seraient «dans une situation intenable».
«Le magasin de la Meinau, qui a rouvert après rénovation en mai 2010, a doublé son chiffre d’affaires en 2011, avance pourtant Laurent Hobel, délégué FO. Avec des moyens, une enseigne peut progresser.» Selon lui, «la direction cherche surtout à revoir son organisation pour pallier les 200 départs volontaires» en vigueur depuis mercredi, les 400 depuis le début de l’année conformément à un plan de restructuration. Afin d’éponger un passif de 120 millions d’euros, le groupe prévoit aussi de renforcer son partenariat avec Leclerc et de confier à Casino l’approvisionnement de ses magasins de proximité. «Des Coop ferment juste parce que Leclerc ne veut que des boutiques bénéficiaires», dénonce Philippe Spitz. Son association de soutien aux Coop d’Alsace vient de demander aux collectivités de réagir. Les syndicats, eux, envisagent une grève.