Un moral en berne à la fête du travail

Arnaud Guiguitant

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Le cortège est parti de la place de la Bourse pour un défilé dans les rues du centre-ville.
Le cortège est parti de la place de la Bourse pour un défilé dans les rues du centre-ville. — J-F. Badias / 20 Minutes

Ce n'était pas les plus nombreux, ni même les plus bruyants. Les retraités du Bas-Rhin ont battu mardi matin le pavé strasbourgeois, au côté de 4 000 autres participants au défilé du 1er Mai. Regrettant d'avoir été les oubliés de la campagne présidentielle, une centaine d'entre eux entendaient rectifier le tir, en protestant contre la baisse de leur retraite. « J'ai comparé mes feuilles d'imposition d'une année sur l'autre. En un an, j'ai perdu plus d'une centaine d'euros, confie Albert Mann, représentant CGT des retraités du Bas-Rhin. Sans parler de la hausse des prix des complémentaires santé, des médicaments déremboursés, des dépassements d'honoraires et du problème de dépendance. » Selon lui, la solution passe par l'adoption d'un minimum vieillesse « au moins égal au Smic, demande-t-il. Avec aujourd'hui un minimum à 700 €, on ne peut rien faire ».

« Le combat continue »
Election présidentielle oblige, la politique s'est invitée dans le cortège avec ses slogans appelant au changement. Parmi les préoccupations de l'intersyndicale CGT-CFTC-Unsa-Solidaires et des différents partis de gauche présents (PS, PCF, Front de Gauche), l'emploi et le chômage. Une centaine de salariés de Caddie, dont les usines de Drusenheim et Oberhausbergen sont menacées, ont ainsi ouvert la marche. « On va examiner lundi les dossiers des repreneurs, avant que le sort des 500 salariés de l'entreprise ne soit scellé le 21 mai par le tribunal », explique Evelyne Isinger, secrétaire générale CFTC du Bas-Rhin. Un peu plus loin dans le cortège, une dizaine de salariés de l'usine Stracel défilent pour sauver leur outil de travail. « On montre que le combat continue, confie Yves Bernauer de FO. On espère des solutions d'ici à juin. » Salariés de Coop Alsace, de General Motors, tous sont descendus dans la rue pour réclamer un avenir meilleur. « La lutte contre le chômage doit être prioritaire, de même que le dialogue social », préconise Christian Moser, délégué syndical de l'Unsa.