Hop'la vante l'agriculture locale

Philippe Wendling

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Dans les rayons d'Hop'la, seuls les produits frais et de saison sont proposés.
Dans les rayons d'Hop'la, seuls les produits frais et de saison sont proposés. — G. Varela / 20 Minutes

Sur le parking du 196, route de Saverne à Oberhausbergen, des chariots bien alignés. À l'intérieur d'un bâtiment neuf, des présentoirs réfrigérés, une étale dédiée à la viande et au fromage à la coupe, une autre au pain. À première vue, Hop'la a tout d'un supermarché. « Mais ce n'en est pas un. C'est une coopérative agricole gérée par quatorze producteurs de la région, explique l'un d'eux, Jean-Thierry Velten de la Ferme des pommiers à Schnersheim. On ne vend que des produits de saison issus de nos élevages et exploitations. » Ouverte à la fin mars, cette coopérative unique dans le Bas-Rhin est restée 7 ans en gestation. « Un jour de pluie sur le marché à Strasbourg, des producteurs se sont dit qu'il fallait un lieu pour vendre dans de bonnes conditions toute l'année », raconte Jean-Marc Schneider, producteur de fleurs à Wingersheim. D'études de marché en repérages, ils ont trouvé il y a 2 ans ce terrain à 10 minutes de la capitale alsacienne.

En contact avec la clientèle
« ça n'a rien d'une grande surface. Ici, on peut discuter avec les producteurs », se réjouit Nicole, 65 ans, une cliente venue en voisine d'Oberschaeffolsheim. L'ambiance est proche de celle des boutiques d'antan », dit-elle. « On sent que les gens ont besoin d'être rassurés sur l'origine des produits, de savoir qu'ils viennent de la région », témoigne Valérie Lescalier, une vendeuse du magasin. « Chaque producteur est de permanence ici deux jours par semaine afin de valoriser son savoir-faire et transmettre ses valeurs aux consommateurs sans passer par des intermédiaires », explique Anne Ernwein à la tête d'un élevage de 400 bovins.
L'absence d'intermédiaires, Nicole, une cliente de Schiltigheim, pensait que ça « jouerait sur les prix. Malheureusement, certaines viandes ou poissons sont plus chers qu'ailleurs. » Pour un kilo de rumsteck, comptez 25 €, 15 €/kg le filet de truite, 16,50 € les 120 g de foie gras d'oie mi-cuit et 6 € les 5 kg de pommes. « Certaines viandes sont peut-être plus chères qu'en supermarché, mais elles le sont moins que dans les boucheries environnantes. Bien élever des animaux tout comme la fraîcheur des produits, ça a un coût », note Valérie Lescalier. « Nos prix sont les mêmes que sur les marchés », ajoute Jean-Thierry Velten en pointant « les débouchés » qu'Hop'la peut offrir. « C'est une ressource de revenus importante dans le contexte actuel, dit-il. Et puis, nous avons embauché cinq personnes pour faire tourner la coopérative et estimons que, pour assurer son approvisionnement, nous créerons jusqu'à trente emplois dans nos quatorze exploitations qui regroupent déjà cent employés. Pour la moitié d'entre nous, ça permettra de faire travailler nos enfants afin, qu'à terme, ils reprennent et pérennisent nos exploitations. »