De l'utilité d'apprendre l'allemand

Arnaud Guiguitant

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Jérôme Deck, 20 ans, a étudié l'allemand de la maternelle jusqu'à la terminale.
Jérôme Deck, 20 ans, a étudié l'allemand de la maternelle jusqu'à la terminale. — G. Varela / 20 Minutes

Dans la famille Deck, on parle l'allemand de père en fils. À la maison, à table, devant la télévision... rien de surprenant alors que Jérôme, 20 ans, ait suivi une scolarité entière en classe bilingue. « Mes parents m'ont inscrit dès la maternelle. C'est moi qui ai ensuite décidé au collège et au lycée de poursuivre l'apprentissage de la langue allemande. Je me disais que ça pourrait m'être utile », dit-il. Bien lui en a pris. Chef de rang aujourd'hui au restaurant “L'Alsace à table” à Strasbourg, il est à l'aise avec une clientèle nombreuse, venue d'Outre-Rhin. « On me sollicite souvent pour m'occuper des clients germanophones. L'allemand m'est bénéfique, c'est certain que cette langue ouvre des perspectives d'emploi. C'est un vrai plus pour travailler », reconnaît-il. Prochaine étape, perfectionner son alsacien et apprendre le russe, « mais c'est plus compliqué. »

Une progression croissante
Alors qu'une manifestation se tient samedi, place Kléber, pour la défense de la langue et de la culture régionales, la filière bilingue tend à se développer en Alsace. Selon les chiffres fournis par le rectorat, ils sont 24 627 élèves, de la maternelle au lycée, à suivre cette année un cursus bilingue. Ils étaient trois fois moins au début des années 2000 (7 119). « La progression est croissante depuis 12 ans du fait de l'ouverture de classes, indique-t-on à l'Académie de Strasbourg. En primaire, le nombre d'élèves bilingues est passé de 6 731 à 19 812 ; au collège, de 344 à 3 656 aujourd'hui ; au lycée de 44 à 1 160. » Pour Claude Froehlicher, président de l'association de parents d'élèves bilingues, Eltern Alsace, inscrire son enfant en filière bilingue relève du « bon sens » : « C'est une chance pour l'avenir de son enfant. L'allemand, dit-il, est la langue la plus parlée en Europe. Pour l'emploi, ça compte. Les parents se disent aussi que ce ne peut pas être mauvais de baigner dans une culture linguistique. » Selon lui, les élèves suivant des cours mixtes, 50 % français, 50 % allemand, auraient de meilleurs résultats scolaires que les autres.