Six hommes seront jugés pour les profanations de cimetières en 2010

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Archives G. Varela / 20 Minutes

Le 27 janvier 2010, l'inscription « Juden raus » (« Juifs dehors »), des croix gammées et 18 tombes renversées étaient constatées au cimetière juif de Cronenbourg. Après enquête, les faits pourraient avoir été commis à deux moments distincts la semaine précédant leur découverte. La même année, le 29 juin et le 24 septembre, 17 et 36 sépultures musulmanes étaient respectivement souillées à la Robertsau et à la Meinau. Sur la base notamment d'investigations téléphoniques, seize hommes et une fille étaient interpellés dans le milieu skinhead, à la fin mars 2011. Neuf étaient mis en examen. Six finalement seront jugés, à une date non encore fixée. Dans une ordonnance de renvoi en date du 16 mars, que 20 Minutes a pu consulter, la juge d'instruction chargée du dossier a requis un non-lieu pour une fille âgée aujourd'hui de 19 ans et deux hommes de 21 et 27 ans. Leur présence au cimetière juif de Cronenbourg lors de dégradations semble attestée, mais il « n'existe pas d'élément suffisant permettant de leur imputer des faits de complicité ». Ils auraient seulement bu de la bière pendant que d'autres cassaient les stèles.

Provocation à la haine raciale
Les six prévenus encore en examen sont poursuivis pour destruction ou dégradation de biens en raison d'une appartenance à une religion, ainsi que pour provocation à la discrimination et à la haine raciale. La moitié serait impliquée dans la profanation des trois cimetières. Parmi eux, Nicolas, un cuisinier strasbourgeois de 22 ans, et Matthias, un chômeur d'Illkirch de 21 ans, comparaîtront devant le tribunal correctionnel. Le troisième, Vincent, un militaire de Lingolsheim, né en 1991, sera jugé par le tribunal des enfants. Ils seraient les leaders, bien que deux d'entre eux, Nicolas et Vincent, nient toute participation. Les autres prévenus répondront d'une à deux profanations. L'un d'eux, 17 ans lors des faits, aurait expliqué s'être intéressé au néonazisme parce qu'il se cherchait une identité, tiraillé entre ses origines tunisiennes et son arrivée en France à 5 ans.P. W.