Le handicap sur les bancs de la fac

Arnaud Guiguitant

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Difficile de manger à l'aveugle pour ces étudiants, sensibilisés aux problèmes du handicap.
Difficile de manger à l'aveugle pour ces étudiants, sensibilisés aux problèmes du handicap. — G. Varela / 20 Minutes

À une table réservée, installée au fond de la cantine de l'École de management (EM) de Strasbourg, cinq étudiants tentent une expérience des plus insolites : déjeuner avec les yeux bandés. « Le plus dur, expliquent-ils, c'est de couper sa viande et d'arriver à se servir de ses couverts. Après, l'objectif est de ne pas tout mettre à côté de l'assiette », plaisantent-ils. Leurs gestes sont hésitants et maladroits mais, pour Sophie, élève en 3e année de médecine, ce repas à l'aveugle est l'occasion « d'utiliser d'autres sens que celui de la vue » et de « découvrir ce que ressentent les personnes malvoyantes dans leur vie de tous les jours. »

Exclusion sociale
Comme Sophie, des dizaines d'étudiants strasbourgeois ont participé, hier, à la journée Handivalides, une opération nationale destinée à éveiller les consciences sur les problèmes du handicap à l'université. À l'EM, des ateliers pratiques ont été mis en place pour permettre aux étudiants de se glisser dans la peau d'un malentendant, d'un aveugle ou d'une personne se déplaçant en fauteuil roulant. Un parcours, semé d'embûches et reproduisant l'environnement urbain, a ainsi réservé quelques surprises et quelques chutes. « On se rend compte de la difficulté de circuler en fauteuil et du courage qu'il faut pour affronter le quotidien », reconnaît Charlotte, 21 ans. Le dispositif était complété par des ateliers d'initiation à la langue des signes et d'apprentissage de la lecture en braille. « Le but, explique Delphine de Monjour, chargée de mission sur la campagne Handivalides, est de sensibiliser les étudiants sur les problèmes que rencontrent les handicapés sur les campus : que ce soient au niveau de l'accessibilité des bâtiments ou de l'exclusion sociale, première cause de décrochage universitaire. » Destinée à favoriser leur intégration sur les campus, cette campagne s'inscrit dans une politique volontariste que mène l'Université de Strasbourg avec des mesures d'aide, mises en place pour les 200 étudiants inscrits souffrant d'un handicap.