90 minutes en caisson pour se rétablir

Arnaud Guiguitant

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Six personnes peuvent être soignées à l'intérieur de ce caisson, équipé de masques à oxygène.
Six personnes peuvent être soignées à l'intérieur de ce caisson, équipé de masques à oxygène. — G. Varela / 20 Minutes

«J'ai commencé à avoir mal à la poitrine. J'avais des vertiges, je sentais mon cœur s'emballer. Mes bras étaient paralysés et je n'arrivais plus à me tenir debout. » Lilioara, 45 ans, est une rescapée. Habitant un appartement rue Herrade, elle a été victime lundi dernier d'une intoxication au monoxyde de carbone (CO). « Les symptômes sont apparus vers 19 h, deux heures après que je sois rentrée chez moi, raconte-t-elle. Mon mari, qui se portait bien, a aussitôt appelé SOS médecin. » Le diagnostic est sans appel : l'intoxication au CO est avérée et serait due à un dysfonctionnement du chauffage de la salle de bain, couplé à une mauvaise ventilation. « Si ces problèmes de chaudière étaient survenus durant la nuit, on serait mort à l'heure actuelle », avoue-t-elle.

Quatre à cinq décès par an
Comme Lilioara, ils sont déjà trente personnes à avoir été empoisonnées au CO depuis le début de l'année en Alsace. Passage obligé pour les victimes, l'hôpital de Hautepierre et son caisson hyperbare à l'intérieur duquel elles sont soignées. « On traite entre 100 et 150 épisodes d'intoxication par an, souligne le professeur Francis Schneider, chef du service de réanimation médicale. Cela peut aller d'une seule personne jusqu'à des groupes entiers, intoxiqués dans un restaurant ou une salle des fêtes. » Avec sa forme de sous-marin, ce caisson, le seul en Alsace, peut accueillir jusqu'à 6 personnes. Durant 90 minutes, les patients sont placés sous oxygène à l'intérieur d'un environnement pressurisé. « L'oxygène et la hausse de pression permettent d'éliminer le CO qui se fixe sur les globules », explique Robin Uhlhorn, infirmier hyperbariste. Pour les patients, la sensation est identique à une plongée à 15 m de profondeur. Selon le professeur Schneider, « 4 à 5 décès », liés au monoxyde de carbone, ont lieu chaque année dans la région : « C'est un gaz incolore, inodore et mortel. Pour éviter les accidents, il faut vérifier ses installations de chauffage et ventiler son logement », conseille le médecin.