Tollé contre le village de marques

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« Nous sommes consternés par le rejet des recours que nous avions déposés devant le Conseil d'Etat contre le projet de Freeport. Nous n'avons pas l'intention de nous laisser faire. » Hier matin, à l'issue d'une réunion de crise, les représentants du collectif d'artisans et de commerçants qui s'oppose à l'implantation d'un village de marques en Alsace ont annoncé la couleur. Le projet est qualifié de « Disneyland commercial sans Mickey » par Pierre Bardet, président de l'association Les Vitrines de Strasbourg. « Le village de marques disposera de moyens de communication surdimensionnés et pourra pratiquer des prix que les commerçants ne peuvent pas se permettre, renchérit Bernard Renck, président de l'association Pirana (Pas d'immobilier ravageur en Alsace). Il s'agit là d'une concurrence totalement déloyale. »

Quant à la décision du Conseil d'Etat, Catherine Morel Salomon, présidente du Groupement commercial du Bas-Rhin, la juge « politique, en dehors de toute considération du commerce de proximité ». Le collectif a tout de même tenu à saluer la position du conseil général du Bas-Rhin, qui ne financera pas les infrastructures routières nécessaires pour accéder au futur site commercial. De son côté, la société britannique Freeport salue évidemment le feu vert du Conseil d'Etat. « Les arguments des opposants ont été rejetés car l'impact de notre concept a été jugé beaucoup plus positif que négatif, souligne Alain Bacquier, responsable du développement chez Freeport Europe. Il s'agit d'un projet de qualité, attrayant et ludique, qui permet aux fabricants d'écouler leurs stocks de fin de série. »

Ludovic Meignin

Freeport promet la création de 650 emplois dans son « village de marques », dès son ouverture prévue fin 2007. Situé à Roppenheim, à 45 km de Strasbourg, le centre commercial s'étendra sur près de 25 000 m2.