Régis, dit Abd al Malik, réalisera lui-même le long-métrage.
Régis, dit Abd al Malik, réalisera lui-même le long-métrage. — G. Varela / 20 Minutes

Strasbourg

« Je tournerai un film cet été au Neuhof »

ABD AL MALIK Le slameur va adapter son ouvrage « Qu'Allah bénisse la France » pour le cinéma

Le slameur Abd al Malik va troquer son micro pour une caméra. A presque 37 ans, Régis Fayette-Mikano, son vrai nom, veut adapter en film son premier ouvrage : Qu'Allah bénisse la France. Publié en 2004, l'opus retrace son enfance au Neuhof dans une famille de sept enfants élevés par une mère seule ; son passif de délinquant malgré une bonne scolarité ; ses premiers pas dans la musique avec les NAP, les New African Poets ; sa conversion au soufisme, un courant mystique de l'islam.

Pourquoi voulez-vous adapter à l'écran votre ouvrage autobiographique ?
Plus qu'une autobiographie, c'est un processus artistique. C'est mon histoire, mais aussi celle du rap, vu ailleurs que de Paris et Marseille. Je veux montrer qu'on peut être noir de peau, d'une cité et avoir un cheminement autre que celui d'un perdant. L'humanité ne s'arrête pas à la frontière des quartiers.

Quand comptez-vous tourner ?
On espère pouvoir le faire cet été ou, au plus tard, à la rentrée. Près de 90 % du film sera tourné au Neuhof. Nous ferons participer les habitants sous diverses formes : certains auront un rôle, d'autres interviendront plus sur des aspects techniques.
Un hommage à la ville ?
Ce sera un peu "Il était une fois Strasbourg". On parlera bien sûr du Neuhof, mais aussi de la place Kléber, du bus n°14... De ce qui fait la vie de la ville.
Destinez-vous ce film à la télévision ou au cinéma ?
Ce sera une production tout ce qu'il y a de plus classique pour le cinéma. J'ai adapté l'ouvrage en scénario et je m'occuperai moi-même de la réalisation. Il devrait sortir en salles au courant de l'année 2013.
Interpréterez-vous votre propre rôle ?
ça, on ne le sait pas vraiment pour le moment. Et puis, je ne peux pas et ne veux pas encore tout dire. Il faut garder des surprises. Mais une chose est sûre, je ne pourrais pas jouer mon propre rôle enfant.