Ces braves qui travaillent dans le froid

Arnaud Guiguitant

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Vendeur de marrons chauds, Jérémy se protège du froid devant son poêle à charbon.
Vendeur de marrons chauds, Jérémy se protège du froid devant son poêle à charbon. — G. Varela / 20 Minutes

«Si j'ai froid, je n'ai qu'à ouvrir le tiroir du four et me réchauffer au bord des braises de charbon », confie Jérémy, 30 ans, vendeur de marrons chauds près de la place Kléber. Chacun sa méthode hier pour résister aux températures polaires qui congèlent la ville depuis trois jours. Sur les marchés, on est obligé de recourir au système D : chauffage d'appoint, gants, bonnets, écharpes et manteaux fourrés font partie de la panoplie pour travailler dehors en hiver. « On est souvent confronté au froid dans notre métier. Il faut s'adapter, en portant plusieurs épaisseurs de vêtements ou en branchant un radiateur. J'ai aussi installé des bâches sur mon stand pour me protéger du vent », témoigne Eric, 38 ans, vendeur de chaussettes, rencontré hier sur le marché de la Robertsau. Bravant les - 9 °C (aggravés par la morsure du vent), à partir de quelle température capitulerait-il face au froid ? « Peut-être en cas d'avis de tempête. Et encore, je me souviens avoir travaillé en 2010 sur un marché à Wissembourg alors que les conditions météo étaient limites », répond-il.

Risque de gel
Sur la place du Corps de Garde, ils n'étaient que cinq commerçants hier à avoir déplié leurs étals, contre une quinzaine un jeudi ordinaire. « Le risque est que nos fruits et légumes gèlent sur place, redoute Jacques Walter, vendeur de fruits et légumes. On les met donc à l'abri, on dresse des bâches pour que le froid rentre moins. » Les cagettes de bananes, elles, sont posées près des chauffages, histoire de reproduire un climat plus favorable. « C'est encore supportable de travailler par ce temps. ça n'a rien à voir avec l'hiver 2010 où l'on était obligé de casser la glace, place Kléber, pour installer nos produits », se rappelle le commerçant.
A la Meinau, place de l'Ile-de-France, les clients du marché sont au rendez-vous. Comme Annie, 72 ans, qui essaie une chapka. « Le froid revigore, dit-elle. Il faut juste bien se couvrir. A mon époque, il faisait des - 20 °C et on s'habillait comme des Esquimaux. »