Une remise à niveau dès le CP

Philippe Wendling

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Les stages seront dispensés trois heures par jour du 23 au 27 avril.
Les stages seront dispensés trois heures par jour du 23 au 27 avril. — G. Varela / 20 Minutes

Réservés jusqu'alors aux élèves de CM1 et CM2, les stages de remise à niveau en français et en mathématiques, dispensés pendant les vacances de Pâques, seront ouverts cette année aux élèves de CP et CE1. Ces derniers seront même « privilégiés », explique l'Inspection académique dans un courrier qu'elle vient d'adresser aux instituteurs de l'académie de Strasbourg. A raison de trois heures par jour du 23 au 27 avril, ces stages seront dispensés par groupe de six enfants maximum. Non obligatoires, ils seront proposés aux élèves après « un bilan de compétences », réalisé en classe au cours des prochaines semaines.

« Une stigmatisation par l'échec »
« Évaluer un gamin de CP en plein milieu d'année ne lui laisse pas le temps d'évoluer à son rythme », déplore une directrice d'école primaire sous couvert d'anonymat. « L'apprentissage de la lecture est censé se faire sur deux ans. Avec ces évaluations, on met une grosse pression sur des élèves de seulement 6 ans. On stigmatise par l'échec des enfants qui débutent à peine leur scolarité », poursuit Frédéric Guillin, instituteur et porte-parole de Sept, Sauvons l'école pour tous. Son collectif, regroupant des enseignants et des parents d'élèves, va lancer une pétition « contre une démarche spécifique à l'Alsace qu'aucun texte ministériel n'impose. A ma connaissance, les stages n'ont jamais concerné des élèves de CP dans les autres régions, c'est une première en France », souligne l'instit.
Ces stages de remise à niveau seraient d'autant plus inutiles, poursuit notre directrice d'école, qu'ils « sont donnés par des instituteurs volontaires qui ne connaissent pas les enfants. Le temps qu'ils cernent leurs difficultés, la semaine est déjà finie. » Autre argument, pointé par Frédéric Guillin, « organiser ces stages à Pâques va à l'encontre des arguments avancés par les chronobiologistes. On rallonge encore le temps de travail, déjà très lourd, d'enfants en bas âge en les privant d'une semaine de vacances. »

Un die-in contre les suppressions de postes

Afin de dénoncer la suppression de 409 postes d'enseignants dans l'académie de Strasbourg en septembre prochain, dont 216 dans le premier degré, le collectif Un pays, une école, notre avenir organise un après-midi d'action le samedi 11 février. Baptisé « L'école à mort », il donnera lieu à un rassemblement place Kléber à 14 h, à un « die-in » à 14 h 14 et à un défilé.