Strasbourg en trop court métrage

Philippe Wendling

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Quelque 250 à 300 figurants alsaciens ont participé au tournage du film devant la cathédrale, en février 2011.
Quelque 250 à 300 figurants alsaciens ont participé au tournage du film devant la cathédrale, en février 2011. — G. Varela / 20 Minutes

La salle est plongée dans le noir depuis une quarantaine de secondes, quand la cathédrale jaillit à l'écran. Travelling du haut de l'édifice jusqu'à son parvis. Une explosion survient. Gros plan sur la couverture d'un journal. La voix d'un colporteur retentit. « Un attentat à Strasbourg », scande-t-il, tandis que des rires jaunes s'élèvent dans la salle 20 de l'UGC Ciné-Cité. Les trois jours de tournage à Strasbourg de Sherlock Holmes 2, en février dernier, défilent en 22 secondes. Le film, en salle après-demain, dure 127 minutes. « Je suis déçue, pointe Véronique, invitée vendredi soir par la mairie à une avant-première en sa qualité de figurante. C'était super de voir comment on réalise un film. Mais quand je pense que j'ai gelé trois jours sans qu'on m'offre une couverture, un thé, vraiment ça fait court. »

Une scène similaire à Paris
Assises quelques rangs derrières, Julia, assistante sur le tournage, lâche : « Heureusement que j'étais au courant depuis quelques jours que ça ne durait pas plus longtemps. Avec la surprise, ma déception aurait été encore plus grande. Mais je comprends pourquoi ils n'ont gardé que quelques secondes. L'idée de la scène tournée à Strasbourg est identique à une autre se passant à Paris. Un sniper est caché, puis il y a un attentat. Ils ont fait un choix pour éviter une répétition. Comme les acteurs, Jude Law et Robert Downey Jr., étaient à Paris mais pas ici, il était plus logique de la retenir. »
« Compte tenu des longueurs qu'il y a dans le film, ils auraient néanmoins pu montrer quelques images de plus de Strasbourg. J'espère qu'il y en aura dans les bonus du DVD », lance Margot, bénéficiaire de places offertes à des habitants par la mairie. « C'est un peu du gaspillage quand on voit la débauche de moyens utilisés », ajoute Serge, son père. Voisin du tournage, il gardera tout de même « un bon souvenir des décors, des chevaux… » « C'était Hollywood, se souvient Nicolas, embauché cinq semaines comme régisseur décor. L'important est qu'ils ont retenu Strasbourg pour ouvrir le film. » D'autres, notamment des figurants, auraient voulu en dire autant. Malgré leurs invitations, ils n'ont pu assister faute de place à une autre avant-première, organisée simultanément par la mairie au Vox.