C'est cuit pour le maire Michel Habig

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Michel Habig condamné à six mois de prison avec sursis et 5 000 e d'amende. Le maire (UMP) d'Ensisheim (Haut-Rhin) et vice-président du conseil général comparaissait hier devant le tribunal correctionnel de Strasbourg, pour l'incendie en janvier dernier de quatorze caravanes de gens du voyage, installées illégalement sur un terrain de la commune. Les quatre employés municipaux également jugés ont en revanche été relaxés. A la sortie de la salle d'audience, l'élu a fait part de « sa satisfaction que les accusations de racisme n'aient pas été retenues ». Michel Habig n'a pas regretté son geste, soulignant que « vu les proportions que l'affaire a prises, je ne le referai pas, mais [que] sur le fond, il fallait le faire ».

Le 11 janvier au matin, il avait donné l'ordre aux agents municipaux de mettre le feu aux caravanes du campement déserté par ses occupants. Durant les débats, le maire et ses avocats ont tenté de justifier ce geste en présentant les caravanes comme des épaves. « Le délit n'est pas constitué, puisqu'il s'agissait de biens abandonnés », a avancé l'un de ses défenseurs. Une thèse balayée par Stefan venu affirmer qu'il a perdu sa caravane, des vêtements et des papiers dans l'incendie. « Nous avions quitté le camp pour Mulhouse, à cause du froid », a-t-il avancé. « Entendre que ces caravanes n'appartiennent à personne parce qu'elles sont délabrées, c'est inacceptable », a lâché le procureur, avant de réclamer quatre mois de prisons avec sursis contre l'élu. Les juges ont finalement décidé d'être encore plus sévères.

J. B.

L'accès au débat a été refusé aux journalistes pendant près d'une heure, une cinquantaine de partisans de Michel Habig occupant la quasi-totalité des bancs disponibles.