Les anti-GCO ne s'avouent pas vaincus

Philippe Wendling

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La création du GCO va nécessiter la réquisition de 300 hectares de terres agricoles, déplorent ses adversaires.
La création du GCO va nécessiter la réquisition de 300 hectares de terres agricoles, déplorent ses adversaires. — Archives G. Varela / 20 Minutes

Les opposants au Grand contournement ouest (GCO) refusent de baisser les bras. Le ministère des Transports a pourtant indiqué, vendredi, avoir retenu un conglomérat piloté par Vinci comme « seul concessionnaire pressenti » pour la réalisation de cette portion à péage entre l'A 4 (Vendenheim) et l'A 35-A 352 (Duttlenheim). La décision « permet d'engager la mise au point du contrat définitif pour une mise en service de l'autoroute à l'été 2016 ».

Présidentielle et Europe
Dans les cartons depuis les années 1970, le GCO désengorgera l'A 35 aux portes de Strasbourg, avancent ses promoteurs. Problème, selon des études, sur les 160 000 voitures et camions qui l'empruntent chaque jour, « seuls 5 à 6 % du flux sera transféré vers le GCO, pointe Alain Jund d'Europe-écologie. Le projet coûtera 400 millions d'euros à Vinci et 5 millions aux collectivités. Compte tenu de l'état des finances publiques, la dépense n'est pas raisonnable. Nous demandons un moratoire », un débat dont les conclusions seront rendues après la présidentielle. « Nous allons interpeller tous les candidats », précise Dany Karcher, le maire de Kolbsheim et animateur du collectif GCO, non merci. « Si un décret d'application est voté avant l'élection, ce sera difficile d'empêcher le GCO. Mais, si la décision est prise après le scrutin et que l'alternance politique l'emporte, tout est possible, estime Luc Huber d'Alsace nature. Les Verts ont déjà dit qu'ils abandonneraient le projet. Le maire, Roland Ries, et le président de la CUS, Jacques Bigot, étant contre, on peut penser que le PS le fera aussi. »
Autre levier à actionner : « la Commission européenne », explique Luc Huber. L'an passé, le collectif GCO, non merci avait saisi sa commission des pétitions en pointant une menace du contournement sur le hamster d'Alsace, espèce en voie de disparition. « L'État va devoir s'expliquer, mais la décision européenne n'aura pas de valeur suspensive sur le dossier, déplore Luc Huber. Elle nous permettra en tout cas de retarder le lancement du chantier » prévu pour 2013-2014. D'ici là, précise le militant, le recours « à des moyens juridiques n'est pas à exclure ». Il va étudier, entre autres, la conformité du projet avec la loi sur l'eau et les milieux aquatiques.