Un décret qui va faire du bruit à Entzheim

Arnaud Guiguitant

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Stéphanie habite à 200 m des pistes de l'aéroport.
Stéphanie habite à 200 m des pistes de l'aéroport. — G. Varela / 20 Minutes

De son jardin, Stéphanie, 27 ans, a une vue panoramique sur le tarmac de l'aéroport de Strasbourg. Vivant à 200 m des pistes rue de Hangenbieten, à Entzheim, elle vient tout juste de remplacer les « 14 ou 15 fenêtres » de sa maison. Objectif, l'isoler du froid, mais aussi des nuisances sonores. « Depuis qu'on a posé le double vitrage, on entend beaucoup moins le bruit des avions, même s'il ne nous dérangeait pas plus que ça. A force, on s'y était habitué », confie la jeune mère de famille.
Bonne nouvelle pour elle, la proximité de son logement avec l'aéroport pourrait lui faire bénéficier d'une aide financière, instaurée dans le cadre du Plan gouvernemental contre les nuisances sonores aériennes. Elle vient d'ailleurs d'envoyer un dossier à l'aéroport pour « avoir un dossier d'indemnisation ». « On voudrait savoir si on peut être remboursé. Ces travaux ont en effet représenté un gros investissement », souligne-t-elle.

59 habitations concernées
Depuis le 28 décembre, le taux d'aide, fixé jusque-là à 80 % du montant des travaux, a été porté à 100 % pour les riverains de douze aéroports français, dont ceux de Strasbourg et de Bâle-Mulhouse. L'insonorisation de leur logement serait ainsi intégralement prise en charge. A la Commission environnement de l'aéroport, chargée d'examiner les dossiers, on précise néanmoins qu'un certain nombre de « conditions sont réclamées pour être éligible au dispositif d'aide ». Parmi elles, la localisation de son logement à l'intérieur du Plan de gêne sonore (PGS) défini en 2003, ou sa construction avant septembre 2004, date de publication du Plan d'exposition au bruit. Selon Marcel Clément, le président de l'Union fédérale contre les nuisances de l'aéroport de Strasbourg-Entzheim (UFNASE), peu de dossiers aboutissent à cause d'un PGS trop restrictif. « Il ne concerne que 59 habitations, à Eckbolsheim, à Koenigshoffen, mais les nuisances impactent plus de foyers que ça », témoigne-t-il, demandant que « le PGS soit calqué sur le Plan d'exposition au bruit ». L'aéroport de Strasbourg enregistre près de 24 000 mouvements commerciaux chaque année.