Adrien teste une vie sans huile de palme

Philippe Wendling

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Quand il fait ses courses, Adrien étudie avec minutie les étiquettes des produits pour identifier leurs composants.
Quand il fait ses courses, Adrien étudie avec minutie les étiquettes des produits pour identifier leurs composants. — G. Varela / 20 Minutes

Son but n'est « pas de délivrer un message moralisateur, mais d'inciter les gens à se poser les bonnes questions », explique Adrien Gonthier. L'étudiant strasbourgeois de 26 ans a décidé de « ne pas consommer d'huile de palme pendant un an ». Il entame actuellement la seconde moitié de son « expérience de vie » débutée en juillet. « L'huile de palme est produite en Asie du Sud-Est de manière totalement industrielle. On estime que 80 % de la déforestation de la Malaisie est due à son extraction. En Indonésie, c'est l'équivalent d'un terrain de foot qui serait rasé toutes les 15 secondes », avance l'écologiste en se basant sur différentes études d'ONG. Autres dégâts collatéraux : des populations sont expulsées, de la main-d'oeuvre exploitée, des espèces animales menacées à l'instar, en Indonésie, des orangs-outans.

Pas plus de dépenses
« L'huile se cache partout, poursuit Adrien. On en trouve dans les produits manufacturés, comme les gâteaux secs et la margarine. On nous vend de la pâte à tartiner en disant que c'est du chocolat et du plaisir pour les enfants, alors qu'il ne s'agit que de sucre et de déforestation. » L'huile est aussi présente dans les cosmétiques (déodorant, savon...) et les produits d'entretien sous la forme de dérivés, qu'il recense sur un blog*. « À la place de détachants en tout genre, j'utilise du vinaigre blanc et du bicarbonate, pointe-t-il. Et ça marche bien. »
Manger au restaurant ou faire les courses, en revanche, n'est pas évident, reconnaît Adrien. « Dans les magasins, je suis obligé de lire toutes les étiquettes pour identifier les composants. Souvent les industriels n'évoquent que l'usage d'huile végétale sans en dire plus. Je milite pour qu'ils détaillent ces points et qu'ils mentionnent la provenance des produits. Dans le doute, je m'abstiens d'acheter. Je me suis aussi mis à cuisiner et à m'approvisionner en légumes et en viande auprès d'associations pour le maintien d'une agriculture paysanne (AMAP). » Et cela ne serait pas plus onéreux, à en croire les calculs de l'étudiant. Il ne dépenserait en moyenne que 2,60 € par repas et ce, alors qu'il ne consomme quasiment plus que des aliments bio souvent plus chers.