Le torchon brûle aux HUS à propos des congés bonifiés

Arnaud Guiguitant

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Claudine et Hamada, hier, à la CGT.
Claudine et Hamada, hier, à la CGT. — G. Varela / 20 Minutes

Les agents hospitaliers strasbourgeois originaires des départements d'Outre-Mer ne décolèrent pas. Un mois après avoir manifesté leur mécontentement lors de l'inauguration du pôle d'imagerie interventionnelle au Nouvel hôpital civil, ils ont de nouveau critiqué hier l'attitude de leur direction à propos de l'attribution des congés bonifiés. « Elle en refuse plus qu'elle n'en accorde, dénonce Claudine Giorgi, la secrétaire générale de la CGT aux HUS. Une loi, datant de 1986, stipule pourtant que tout employé hospitalier des DOM travaillant en métropole a le droit, tous les trois ans, à un mois de congé supplémentaire et au paiement du voyage pour lui et sa famille. »

Critères stricts d'attribution
Destinés à maintenir les liens familiaux, ces congés bonifiés seraient depuis 2008 de moins en moins accordés à Strasbourg. La faute, selon la CGT, à une jurisprudence, ayant entraîné un contrôle plus strict des critères d'attribution. « On demande l'application pure et simple de la loi, sans nous entendre dire que nous n'avons plus d'attaches familiales sur notre île, car cela fait plus de 10 ans que nous vivons en métropole », fustige Hamada Zakouoini, délégué CGT, originaire de Mayotte. Contactée hier, la direction des ressources humaines des HUS a expliqué avoir satisfait en 2011 à « un tiers des onze demandes de congés bonifiés », précisant qu'elle prend ses décisions en accord avec la jurisprudence. « On attribue ces congés en fonction d'un faisceau d'indices, prouvant les intérêts moraux et matériels des agents, comme par exemple le nombre d'années de présence en métropole. On est plus indulgent avec les agents vivant en France depuis moins d'une dizaine d'années », explique son directeur, Alain Brugière.
Parmi les 80 à 90 agents originaires des DOM à travailler aux HUS, Monique Armede, 30 ans de carrière, vient de faire valoir son droit à un congé bonifié pour retourner cet été en Martinique. « Je suis inquiète, mais j'espère que j'y aurai droit, car ma famille me manque », dit-elle.