Dernières notes au Zanzibar

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Le Zanzibar, situé Place Saint- Etienne à Strasbourg, mettra fin ce soir à sa programmation musicale. Proposant près de quinze concerts de rock, salsa ou reggae par mois depuis seize ans, son propriétaire, Robert Hauptmann, a vu débuter dans son bar des groupes comme La Mano Negra ou Les Têtes raides. Décider à vendre son établissement, il s'est tourné vers son programmateur musical, Laurent Claude et son association Baby Burn. « Mais, malgré les apports d'une brasserie de la région, la banque ne les suit pas », souligne-t-il. Déçu, il espère que son successeur perpétuera les concerts, mais rien n'est moins sûr. Les lieux qui programment des concerts à Strasbourg se raréfient. L'an dernier, par exemple, le jazzy Piano Bar de la rue des Tonneliers, qui proposait lui aussi de la musique en live, a fermé. La raison en est essentiellement économique : « N'étant pas subventionnés, nous prenons moins de risques financiers en programmant des DJ », explique Christophe Dyduch, gérant de La Salamandre, l'un des bars à spectacles emblématique de Strasbourg. Sans compter les éventuels problèmes de voisinage que l'obligation légale de disposer d'appareils limitant les décibels ne résout pas forcément. La mesure est d'ailleurs vivement condamnée dans le milieu musical. « Si les limiteurs de bruit avaient existé dans les années 60, les Stones ou les Beatles n'auraient jamais vu le jour », ironise Jean-Paul Demeusy, programmateur et président de l'association Musique en Stock.

Philippe Wendling

Outre les équipements obligatoires que sont l'alarme incendie et les portes coupe feu, les bars postulant à une ouverture jusqu'à 4 h du matin, doivent procéder à l'insonorisation de leurs locaux.