La guerre de 14-18 gardée en mémoire

Arnaud Guiguitant

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Angélique Sozza, hier, numérise un journal strasbourgeois, datant du 1er juillet 1914.
Angélique Sozza, hier, numérise un journal strasbourgeois, datant du 1er juillet 1914. — G. Varela / 20 Minutes

Dans la pièce plongée dans l'obscurité, Angélique Sozza manipule avec la plus grande précaution un journal, daté du 1er juillet 1914. Le Bürger-Zeitung, un document rare publié du temps où Strasbourg était sous annexion allemande. Sa numérisation, hier à la Bibliothèque nationale et universitaire (BNU), a demandé un soin particulier. Le port de gants est obligatoire. « On fait très attention à ne pas abîmer ces ouvrages. Sur le numériseur, ils sont posés sur un plateau recouvert de velours et montés sur amortisseurs pour éviter les chocs », explique l'agent de bibliothèque, précisant qu'au Vatican, le même appareil était utilisé pour scanner les reliques du pontificat.

Vie quotidienne
Depuis cet été, la BNU de Strasbourg numérise quelque 2 500 documents, relatifs à la Première Guerre mondiale. Livres, manuscrits, cartes postales, journaux, correspondances, photos, gravures, plans, partitions de musique, ces documents originaux feront bientôt partie d'une vaste collection numérique de 400 000 documents, provenant de huit bibliothèques à travers l'Europe (Allemagne, Autriche, Belgique, Italie, Royaume-Uni, Serbie, France, Danemark). Baptisé Europeana Collections 1914-1918, le projet sera présenté lors du centenaire de la Grande Guerre en 2014. « L'objectif de ce programme européen est de rassembler des documents uniques et exceptionnels qui montrent la vie quotidienne durant la guerre, ses aspects militaires, sociaux et culturels », explique Frédéric Blin, directeur de la conservation et du patrimoine à la BNU. A Strasbourg, les documents numérisés pourront être consultés en ligne dès l'année prochaine. Les Alsaciens, attachés à l'histoire de leur région, seront aussi mis à contribution. Ceux qui le souhaitent peuvent confier, pour être numérisés, leurs documents à la BNU. « Cela enrichira notre collection, conclut Frédéric Blin. On pourra ainsi la rendre accessible au plus grand nombre. »