Mont Saint-Odile : les parties civiles ouvrent le procès

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Le procès « titanesque » du crash du Mont Sainte-Odile s'est ouvert hier devant le tribunal de Colmar (Haut-Rhin). Quatorze ans après cet accident auquel neuf personnes ont réchappé, les familles des 87 victimes regroupées au sein de l'association Echo ont enfin entendu la justice égrener, dans le silence, les noms de leurs proches. « Ce sont tous les fauteuils, tous les passagers qui défilaient devant mes yeux », a déclaré Alvaro Rendon, le président d'Echo, dont la femme a péri dans le crash. « Quatorze ans, c'est long, très long, trop long », a reconnu le président Pierre Wagner, invoquant « l'absence de cause évidente », « les pistes de recherche qui n'ont pas abouti », mais trouvant que la justice « est allée aussi loin qu'elle le pouvait », considérant que les « progrès scientifiques » ont fait surgir de « nouvelles interrogations ». Le procureur adjoint de la République, Claude Palpacuer, a cru bon de préciser que « personne n'a été animé d'une intention dilatoire » pendant l'instruction, quitte à donner le sentiment d'entamer ses réquisitions.

Les six prévenus, costume cravate et cheveux blancs, ont fait une brève apparition à la barre. Ils seront entendus plus longuement jeudi. « Une vérité qui est connue des professionnels depuis quatorze ans va enfin être dite publiquement », a répété Bernard Ziegler, l'ancien directeur des essais en vol et du service après-vente et directeur technique d'Airbus Industrie. Sont visés les deux pilotes de l'A320 décédés lors du crash, dont le professionnalisme va être défendu pied à pied par les syndicats de pilotes qui se sont portés partie civile. L'audition des parties civiles a débuté hier soir.

Jeanne Mahé

Poursuite de l'audition des parties civiles avant d'évoquer le déroulement du vol. L'intervention des secours sera brièvement abordée vendredi, avant l'audition des rescapés.