Crash du Mont Sainte-Odile : enfin le procès

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Un crash. 87 morts. 9 rescapés. 6 prévenus. Après quatorze ans d'instruction, le procès du crash au mont Sainte-Odile s'ouvre ce matin devant le tribunal correctionnel de Colmar. Pendant neuf semaines, juges, parties civiles et avocats décortiqueront les causes de l'accident du vol Lyon-Strasbourg survenu le 20 janvier 1992.

Les six prévenus, qui risquent jusqu'à deux ans de prison et 4 573 e d'amende, occupaient à l'époque des postes à responsabilités dans l'aéronautique. A Pierre-Henri Gourgeon, directeur de la direction générale de l'aviation civile, Claude Frantzen, chef du service de la formation aéronautique et Daniel Cauvin, directeur général adjoint d'Air Inter chargé des problèmes techniques, la justice reproche de ne pas avoir imposé l'installation d'un avertisseur de proximité du sol, au mépris des conventions internationales. Jacques Rentai, le directeur de l'exploitation aérienne d'Air Inter, aurait pour sa part constitué un équipage « ayant une faible expérience » sur l'A320. Bernard Ziegler, directeur des essais en vol et du service après-vente et directeur technique d'Airbus, est poursuivi pour un défaut d'ergonomie du cockpit, qui aurait pu induire les pilotes en erreur. Un ancien contrôleur aérien de l'aéroport d'Entzheim, Eric Lammari, est également poursuivi pour les instructions erronées données à l'équipage. Certaines parties civiles voudraient aborder la question de la rapidité et de l'efficience des secours. Un débat qui déborde la sphère judiciaire.

Jeanne Mahé

14 000 m2 C'est la surface du gand hall du parc des expositions de Colmar, transformé en salle d'audience. 600 000 euros ont été investis par la chancellerie pour financer l'aménagement 350 parties civiles , dont les 9 rescapés, seront représentées au procès. 70 avocats participeront aux débats, qui seront également suivis par une quarantaine de médias accrédités. 2 écrans géants qui retransmettront les dépositions pertttront de visualiser les documents.