« Des bracelets électroniques seront testés »

Recueilli par P. Wendling

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Le procureur Patrick Poirret a lancé, en janvier dernier, le dispositif de téléphone d'alerte.
Le procureur Patrick Poirret a lancé, en janvier dernier, le dispositif de téléphone d'alerte. — G. Varela / 20 Minutes

Patrick Poirret teste, depuis janvier, dix téléphones portables pour femme en très grand danger. Ils leur permettent un contact direct avec les forces de l'ordre en cas de risque de récidive de leur agresseur. Le procureur de Strasbourg revient sur le dispositif à l'occasion de la Journée, demain, de lutte contre les violences faites aux femmes.

Après 11 mois, quel est le bilan de vos 10 téléphones ?
Douze femmes en ont bénéficié. Huit alertes ont été déclenchées, dont quatre ont conduit à l'interpellation immédiate d'hommes. Un cinquième l'a été ultérieurement. Des agressions ont été évitées mais aussi, sans doute, un assassinat en juillet. Un homme a été arrêté alors qu'il semblait avoir tout prévu pour la tuer, puis se suicider.

L'expérimentation des mobiles va-t-elle continuer ?
Nous avons l'accord des financeurs [collectivités locales] pour la poursuivre en 2012. Ils vont aussi faire un effort financier pour nous permettre d'acquérir cinq téléphones de plus.

Avez-vous d'autres projets ?
Je vais expérimenter cinq géolocaliseurs, des boîtiers permettant de localiser par satellite une femme menacée et de prévenir police ou gendarmerie. En outre, l'État vient de choisir le tribunal de Strasbourg, avec ceux d'Amiens et d'Aix-en-Provence, pour tester Depar, un Dispositif électronique de protection anti-rapprochements.

En quoi consiste ce dispositif ?
Il s'agit d'un bracelet qui émet un bip quand l'homme est dans une zone qui lui est interdite, comme le secteur où réside sa femme. Il fonctionnera aussi, via une balise que portera madame, si jamais il s'approche d'elle dans un autre périmètre.

Quel est le public visé ?
Les bracelets seront attribués à des hommes mis en examen pour violences ou condamnés à au moins cinq ans de prison. Nous en aurons cinq dès janvier. Le Bas-Rhin sera alors le seul département à disposer de trois systèmes de téléprotection pour femmes en danger.