Les seniors veulent tenir la route

Arnaud Guiguitant

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Chaque année, ils sont entre 150 et 200 retraités à faire ce stage.
Chaque année, ils sont entre 150 et 200 retraités à faire ce stage. — G. Varela / 20 Minutes

Jean-Pierre Barondeau, 72 ans, est presque fier de le dire. Détenteur du permis de conduire depuis un demi-siècle, avec une moyenne de « 4 500 km » par mois du temps où il travaillait comme gérant de société, il avoue sans rougir n'avoir jamais eu d'accident. « Au volant, je suis toujours prudent. Et avec l'âge, je redouble de vigilance. Je respecte les vitesses, à l'inverse de certains qui roulent comme des fous », proteste-t-il.
Avec son épouse Lioba, dont on taira l'âge par élégance, racontant avoir appris à conduire sur les routes entre Strasbourg et Mulhouse, Jean-Pierre a participé, hier, au côté de vingt autres retraités bas-rhinois, à un stage de remise à niveau au code de la route. Panneaux de signalisation, circulation sur autoroute, vitesse, stationnement, l'essentiel des règles de conduite a été passé en revue. Objectif pour ces seniors, remettre leurs connaissances au goût du jour. « La plupart ont plus de 30 ans de permis. La façon de conduire a beaucoup changé. Il y a plus de trafic, plus de panneaux, plus de limitations. Leur principal souci ? Les ronds-points. Ils ne savent généralement pas bien se positionner », répond Louis Olivan, bénévole à l'Automobile Club, qui organise ces stages une fois par mois.

Stage obligatoire ?
Comme à l'examen du code, une série de 40 questions attend les participants. Pas d'appréhension ni de peur de se tromper, juste l'envie d'être un automobiliste responsable. « De mon temps, il n'y avait pas de priorité, c'est donc plus compliqué maintenant. Il y a aussi de nouveaux panneaux qu'on ne connaît pas forcément », explique Bernard, 66 ans.
Après des années de conduite, certains se sont résolus à prendre de nouveaux réflexes comme ne pas rouler la nuit ou lors d'intempéries, lever le pied ou respecter davantage les autres automobilistes. « Si un jour, je n'avais plus toutes mes capacités, j'arrêterais de conduire. ça ne sert à rien de prendre des risques pour soi et pour les autres », assure Lioba, plutôt favorable à rendre obligatoires ces stages de remise à niveau et les certificats médicaux pour les conducteurs d'un certain âge.