Le Jura freine le TGV Rhin-Rhône

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Le Jura ne veut pas se contenter de regarder passer le TGV. Son conseil général a voté lundi soir une motion, par laquelle il refuse de participer au financement de la branche est du TGV Rhin-Rhône, entre Mulhouse et Dijon. Une branche qui doit mettre Strasbourg à 3 h de Lyon. « Je regrette ce vote, explique Adrien Zeller (UMP), président du conseil régional d'Alsace. Nous aussi nous pourrions dire que la branche sud ne nous intéresse pas et ne pas participer à son financement, mais il faut qu'il y ait une solidarité territoriale sur toute la ligne TGV. »

Le protocole de financement, signé le 28 février dernier, prévoit une participation du Jura de 13,3 millions d'euros, sur un budget total de 2,5 milliards. Elle devait être votée d'ici le 28 avril. « Le projet ne prévoit pas de gare dans le Jura, nous allons même perdre des TGV sur la ligne Paris-Lausanne, s'insurge Gérard Bailly (UMP), président du conseil général du Jura. On ne peut pas nous demander de payer une infrastructure qui nous pénalise. » L'assemblée départementale refuse de financer les travaux tant qu'elle n'a pas l'assurance que la branche sud, qui reliera Dijon à Lyon, sera construite et qu'elle desservira une ville du Jura. De son côté, Adrien Zeller assure que rien ne remet en cause la partie sud de la ligne et renvoie à la Franche-Comté la responsabilité de la négociation avec son département récalcitrant. Des négociations que Raymond Forni (PS), président du conseil régional de Franche-Comté, n'estime pas nécessaires pour l'instant.

Linda Cortey

Les travaux de la première phase doivent commencer en juillet près de Besançon (Doubs). Selon Gérard Bailly, la motion du Jura ne retardera pas le chantier. Adrien Zeller est plus sceptique.