Tchernobyl, souvenir ineffaçable

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Le 26 avril 1986, vers deux heures du matin, le réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl explosait. « Les autorités ukrainiennes et soviétiques n'ont prévenu le peuple qu'une semaine après, s'indigne Kateryna Gordiyenko. Le 1er mai, jour du Travail, tout le monde a défilé avec les fleurs, les drapeaux rouges, dans l'air irradié, comme si de rien était. C'était impressionnant ».

A 22 ans, la jeune fille habite Strasbourg, suit une formation de négoce en vin à Colmar tout en poursuivant des études de civilisation slave à Kiev. Elle se souvient avoir eu la chance que sa maman ait connu l'ampleur du désastre le jour même. Immédiatement, elle avait envoyé la fillette à 720 km de Kiev, chez des proches. « Kiev est à 100 km seulement de Tchernobyl. Je ne sais pas comment ma mère l'a appris, mais pour moi, c'est un vrai miracle ». Elève dans une école « spécialisée en français », Katia a pu venir en France dès 1992, avec sa classe, grâce à l'association Accueil des enfants de Tchernobyl, basée à Mulhouse. Pendant six ans, elle va venir en Alsace pour présenter des pièces de théâtre au printemps et se reposer en été. En 1995, elle y rencontre sa deuxième famille, un couple de Mulhousiens et ses enfants. « Je suis la quatrième, la cadette », sourit-elle. Katia étudie en France depuis cinq ans. Sa famille de coeur l'a aidée pour trouver un lycée, l'a accueillie lors des week-ends et des vacances. Ici, une chose la dérange : les blagues sur les radiations. « Pendant six ans, j'ai subi un traitement à l'iode en Ukraine. Alors ce genre d'attitude m'exaspère. »

Flora-Lyse Mbella

L'association Accueil des enfants de Tchernobyl attend 120 enfants ukrainiens cet été en Alsace. La présidente, Aline Sutter, recherche des familles d'accueil. Tél. : 03 89 64 41 80.