L'arrivée du privé inquiète les syndicats

Philippe Wendling

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Des syndicalistes ont distribué des tracts à l'arrivée des trains de Bruxelles, hier midi.
Des syndicalistes ont distribué des tracts à l'arrivée des trains de Bruxelles, hier midi. — J-F Badias / 20 Minutes

Un comité d'accueil indigné. A l'appel d'une intersyndicale, une quarantaine de cheminots ont distribué des tracts dans la gare de Strasbourg, à la sortie des trains en provenance de Bruxelles, hier à 12 h 30 et 12 h 42. Leur but : « Faire réfléchir les eurodéputés se rendant au Parlement aux risques que pose la directive sur la refonte du paquet ferroviaire », dit Eric de Chateauvieux, délégué CFDT au sein de la Fédération européenne des transports (ETF). Le texte, qui sera soumis au vote demain dans l'hémicycle du Wacken, a pour visées d'ouvrir davantage à la concurrence le ferroviaire (dès 2012 ?), et notamment les lignes régionales. Pour l'heure, seuls le fret et les grandes lignes internationales sont déjà libéralisés.

Emplois et prix menacés
L'ouverture à la concurrence serait « dommageable pour la sécurité », estime Eric de Chateauvieux, les privés ne bénéficiant pas de « l'expertise de la SNCF », leurs agents des mêmes formations. Elle le serait aussi pour le porte-monnaie des clients, poursuit Sabine Trier de l'ETF, qui avance que « les billets ont augmenté de 30 % en Angleterre » depuis la libéralisation des trains dans les années 1980. « Sans oublier les conséquences sur le statut des cheminots et leurs emplois », pointe-t-elle. « Exemple, si la région confiait à un privé la ligne Strasbourg-Haguenau, 200 postes à la SNCF seraient menacés », avance Daniel Firholtz de la CFDT. Pour le cégétiste Vincent Prod'hon, l'ouverture des trains régionaux à la concurrence « poserait aussi le risque de voir des petites lignes être fermées, faute d'être rentables ».
La question de confier les TER Alsace à la concurrence « n'est pas d'actualité » puisque la loi ne l'autorise pas encore, explique Philippe Richert, le président (UMP) de la région, gestionnaire du réseau. Mais « la question d'ouvrir des lignes à d'autres compagnies que la SNCF devra être posée, car le budget fixé par convention que nous lui accordons augmente de 3 % par an, alors que les rentrées, elles, restent fixes. »