Schutzenberger : liquidation amère

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Stupéfaction, incompréhension et tristesse dominaient, hier après-midi, chez les salariés de Schutzenberger à Schiltigheim. Dans la matinée, ils apprenaient la mise en liquidation judiciaire de leur entreprise, prononcée par la chambre commerciale du tribunal de grande instance de Strasbourg. Ainsi disparaît la dernière grande brasserie indépendante de l'agglomération, fondée en 1740.

Pourtant, au cours d'une précédente audience (notre édition du 11 avril), le ministère public semblait plutôt pencher en faveur de la reprise de Schutzenberger par le groupe Soprema et l'entrepreneur Daniel Irion. Leur projet prévoyait le maintien de 39 emplois sur les 69 que compte le site.

D'où le sentiment d'un énorme gâchis chez les salariés, qui ont cessé le travail : « On ne nous a laissé aucune chance dans cette affaire, alors que le repreneur potentiel offrait des garanties solides. Cette décision est inacceptable, c'est pourquoi nous avons décidé en comité d'entreprise d'interjeter appel en référé pour pouvoir bloquer la décision de la justice », précisait hier soir Jean-Marc Doerr, directeur des achats et délégué du personnel cadre et maîtrise, au nom de l'intersyndicale CGT-CFE-CGC.

Même son de cloche du côté de la direction. A l'issue de l'audience d'hier matin, Marie-Lorraine Muller, PDG de la brasserie, avait également annoncé son intention de faire appel : « Nous sommes déjà organisés car nous avions un peu anticipé cette décision. On a des arguments à faire valoir et d'ici quinze jours à trois semaines, nous devrions être fixés », a-t-elle indiqué.

Ludovic Meignin

La date de la liquidation de Schutzenberger a été fixée par le tribunal au 19 mai. Mais de source syndicale, les premières lettres de licenciements pourraient être envoyées dans un délai de quinze jours.