La CUS doit casquer pour les pompiers

Philippe Wendling

— 

Le budget du Service d'incendie et de secours du département s'élève à 84 millions d'euros.
Le budget du Service d'incendie et de secours du département s'élève à 84 millions d'euros. — G. Varela / 20 Minutes

Le torchon brûle entre le département et la CUS. Le conseil général poursuit la communauté urbaine de Strasbourg devant le tribunal administratif pour manquement au financement du Sdis 67, le Service de secours et d'incendie du Bas-Rhin.

900  000 € en moins
Pour permettre aux pompiers d'assurer leurs missions, chaque collectivité leur accorde une enveloppe, en fonction notamment du nombre de ses habitants. Celle-ci est fixée depuis 2009 par une délibération du conseil d'administration du service. C'est ainsi que la CUS est appelée à le subventionner à hauteur de 23 millions d'euros par an. Problème, « estimant que c'est trop, elle a décidé de verser la somme moins 900 000 €, pointe Guy-Dominique Kennel, le président UMP du département. Jusqu'à présent, chaque année, pour éviter que le Sdis ait des difficultés, nous avons avancé les 900 000 € de la CUS. Aujourd'hui, notre budget étant plus serré, nous avons décidé de ne plus le faire. La CUS doit prendre ses responsabilités et nous rembourser. »
Contactée depuis jeudi dernier, cette dernière a opté pour la politique de l'autruche. Malgré ses promesses, occupé ailleurs qu'à Strasbourg, Alain Fontanel, l'élu (PS) aux finances, n'a pas donné suite à nos appels.
Sur le « fond » de l'affaire, le colonel Alain Gaudon, le directeur du Sdis 67, lui, préfère ne pas se prononcer. Il déplore, en revanche, les conséquences de ce trou de 900 000 € dans son budget de 84 millions d'euros. « Nous allons devoir restreindre et prioriser nos dépenses, dit-il. Nous avons déjà prévu de réduire nos investissements de 500 000 € en 2012. » Le Sdis va, notamment, « reporter » des travaux de remise aux normes énergétiques de son parc immobilier, ainsi que l'achat de matériels opérationnels. Exemple, cite le colonel, « d'habitude, nous renouvelons tous les trois ou quatre ans nos ambulances, très utilisées pour l'assistance aux victimes dans la CUS. Nous allons essayer de le faire au bout de cinq ou six ans. »